Ma rencontre avec Madame Précarité

Je me souviendrais sans doute longtemps de ma rencontre avec Madame précarité. C’était un dimanche de Janvier 2006. J’étais alors secrétaire national de l’Union Nationale Lycéenne, (un poste fort précaire, mais ce n’est pas la question !). Nous venons d’avoir une dépêche alors que tout le Bureau National est en réunion, nous venons de découvrir le Contrat Première Embauche. A l’époque je me souviens que cela me paraissait surréaliste, impossible, inconcevable ! Forcement nous avons tous réagit très vivement ! Et je me souviens que le président de l’U.N.L. fit cette réflexion qui fut reprise dans l’un de nos slogans durant le mouvement : “Ils ont réussi à faire le premier contrat précaire en expliquant que cela apportera la stabilité. C’est un Contrat Précaire à l’Embauche !”. (Je rends cette citation de mémoire, je n’en promets pas l’exactitude.)

Siting devant la mairie de maconCe mouvement fut le deuxième mouvement au quel je participais (le premier étant le mouvement contre la loi d’éducation de Fillon …). Et quand je pense au mot “précarité” et au mouvement CPE il me vient deux images. D’abord une chanson : celle de la compagnie Jolie Môme : Ya Basta qui reprend cette citation de Mme. Parisot alors patronne du MEDEF : “La vie et l’amour sont précaire. Pourquoi le travail ne le serait pas ?”. Et je pense à une autre image. Au milieu du mouvement, j’avais décidé d’aller faire une diffusion de tracts devant un lycée professionnel de ma ville. Je trouvais en effet qu’on voyait surtout des lycéens en bac généraux sans doute moins concernés par le CPE. Je voulais voir ceux qui allaient travailler à 20 ans en CPE ! Diffuser des tracts c’est toujours l’occasion de discuter. Me voila donc entouré par un petit groupe de jeunes en bleu de travail, en filière plomberie maçonnerie ou autre. Et leurs remarques désabusées sur leur avenir m’avaient beaucoup remué. Ils m’ont en effet fait remarqué que : “De toutes façons à moins d’avoir de la chance, on aura une vie de galère. En tout cas le début, on devra prendre des risques parce qu’on saura jamais si on aura encore du travail dans 6 mois, 1 an …”. (De même j’essaye de rendre l’esprit de la conversation). Moi qui défendais un idéal où la précarité ne touchait que la jeunesse (moins de 26 ans) et que le CPE allait institutionnaliser cette précarité j’étais désarçonné.

Quand je repense à ces souvenirs militants j’ai d’abord un regret. Nous n’aurions pas dû combattre le CPE, nous aurions du combattre ce que représentait le CPE à savoir l’institution d’une galère normale pour les jeunes. De boulot de 3 mois à 12,5h par semaine, en stage à 45 h par semaines … Ensuite je pense que je me suis battu contre un système que je ne connaissais pas. Moi simple lycéen je n’avais jamais goûté à Madame précarité. Je ne faisais qu’imaginer son goût ! Je dois dire que je n’étais pas forcément loin de la réalité. Mais je n’avais pas ce vécu qui donne à vos propos, vos idées, votre combat ce réalisme et cette force. On ne peut se rebeller que contre ce que l’on connaît. Espérons que nous réussirons à vous montrer la réalité de la précarité en France, précarité qui existe à tous les niveaux. Mais je ne sais si nous réussirons à vous donner cette rage au cœur qui vous fera réellement combattre ce qui est incertain, instable, débile. (cf Wiktionnaire).

Valeuf

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30 réponses à “Ma rencontre avec Madame Précarité

  1. Je n’ai jamais trop compris la place des lycées dans cette manif , si ce n’est pour l’aspect fictif. Mais je suis conscient aussi que c’est par cette mobilisation large que le CPE a été … j’allais dire : supprimé ! Avoir une situation « instable » au début de sa vie est me semble t il normal . C’est le fait que cette instabilité, entrainant incertitude et débilité ( pour rependre la conclusion du billet ) soit désormais établie et touchant TOUT le monde qui est inquiétant et révoltant !
    Dire qu’il y a des employés en Interim depuis des années dans la même entreprise …

  2. Waaw des gens qui scrute le lien RSS du blog tout le temps 😉

    Je crois que la présence de lycéen ce traduit par deux phénomènes différents et se rejoignant !

    Primo un aspect je crois plus ou moins traditionnel de participer à une manif lycéenne durant ces années lycées mais cela n’explique pas la présence sur la durée et la motivation d’un grand nombre.

    Je crois alors qu’il faut voir que la majorité des lycéens sont aujourd’hui extrêmement inquiet de l’avenir. Inquiet parce qu’ils ne sauront pas quand ils trouveront du travail, beaucoup ont conscience qu’ils devront vivre dans des situations précaires durant de nombreuses années. Cela n’est pas forcément parfaitement conscient et la jeunesse nous a souvent empêché de construire un discours autour de ce malaise qui lui est bien présent !

    Les manifs c’était l’occasion un peu de faire sortir ce malaise. Seulement je pense que finalement le malaise et toujours là. Et au bout d’un moment …

  3. « Et leurs remarques désabusées sur leur avenir m’avaient beaucoup remué. Ils m’ont en effet fait remarqué que : “De toutes façons à moins d’avoir de la chance, on aura une vie de galère. En tout cas le début, on devra prendre des risques parce qu’on saura jamais si on aura encore du travail dans 6 mois, 1 an …”

    Peut-être que tu l’as perçu de cette façon, mais pour eux cet avenir n’était peut-être pas considéré comme difficile. Juste normal.
    Eux, ils ont intégré dès le plus jeune âge ce qui constitue les normes. Mais ils seront tout de même confrontés à la précarité.

    Sinon, concernant tes regrets, (« Nous n’aurions pas dû combattre le CPE, nous aurions du combattre ce que représentait le CPE à savoir l’institution d’une galère normale pour les jeunes »), le problème est que le gouvernement a fait en sorte de morceler le problème, pour mieux diviser.

    Moi aussi j’ai ressenti une certaine frustration malgré la « victoire » contre le CPE. Après, le fossé est toujours plus grand entre les salariés sécurisés et les précaires.

  4. « Moi qui défendais un idéal où la précarité ne touchait que la jeunesse (moins de 26 ans) et que le CPE allait institutionnaliser cette précarité j’étais désarçonné. »

    Je crois que tu touches une facette du problème. Dans le monde qu’on nous prépare, la précarité ne viendra plus de l’absence de statut (ou de contrat), mais deviendra un statut à part entière. « Qu’est-ce tu fais dans la vie ? » « Précaire et toi ? ». Comme le faisait remarquer Céleste dans un commentaire au précédent billet, la précarité est nécessaire pour museler les revendications des gens qui bossent.

    On nous dit qu’une réforme du contrat de travail est nécessaire. C’est probablement vrai pour « fluidifier le marché du travail ». Je souhaite bien du plaisir aux syndicats pour négocier qu’ajouter une « rupture conjointe du contrat » au CDI actuel avec les contreparties nécessaires pour ne pas ajouter une nouvelle couche de précarisation.

  5. Lu dans le courrier de Télérama lors de la lutte contre le CPE : « Pour favoriser l’embauche, le gouvernement veut faciliter le licenciement. Et pour la prochaine canicule, ils vont faire quoi ? Distribuer des couvertures chauffantes ? »
    Je sais, ce n’est pas drôle. Mais pfiouuu… ça fait du bien.

  6. Je me suis prise la tête pendant une semaine avec les lycéens à Rangueil qui me barraient la route tous les matins, je venais de décrocher un boulot d’assistante commerciale et grace à eux j’arrivais tous les matins en retard, le troisième jour j’ai pêté un plomb, je les ai menacé de les écraser avec ma voiture, ils sont tous arrivés en barrage, je suis sortie de la voiture en pleurs et les suppliaient de me laisser passer : ils n’ont pas voulu, j’ai hurlé crié, qu’il me fallait y aller, je sortais de 6 mois de chomage et ce boulot alimentaire j’en avais besoin pour vivre, ils s’en foutaient, je me suis engueulée avec une des profs présentes sur la route barrée Route de Narbonne (je précise pour les Toulousains) ces enfoirés de profs qui soutenaient des lycéens dont ils exploitaient leur naïveté : j’ai perdu mon boulot au bout de 7 jours, j’étais en essai.

    L’an dernier, je retrouve un de ces jeunes militants, étudiante, remplaçant une femme de ménage, qui me reconnaît aussitôt, et j’en profite pour lui dire ma pensée sur le mouvement qu’ils avaient fait : je lui dis que j’ai perdu mon bouloot et suis tombée en dépression pendant 2 mois suite à ce fait. Ele baisse la tête et m’avoue, « On sait fait tous avoir sur ce coup là, on s’est tous fait manipuler », je l’ai excusée. Deux jours plus tard, elle m’avoue qu’elle fait des ménages pour payer ses études, qu’elle est bien contante d’avoir au moins ça, et on papote sur la vraie précarité qu’elle est en train juste de vivre.

    Elle seule aura probablement compris mon désarroi de ce jour là, ce jour de manif CPE ! Certes ils ont eu raison de faire abolir ce contrat, mais empêcher les gens de travailler en bloquant les artères principales, c’était vil, moche, combien de personnes comme moi ont perdu leur boulot à cette période là ?

  7. Fanette,
    Tu me semble faire partie de ces gens qui prennent les dossiers par le mauvais bout de la lorgnette en accusant systématiquement les méchants grévistes de prendre la population en otage. Prends la question dans l’autre sens, s’il n’y avait pas eu les manifs, tu aurais peut-être gardé ton boulot mais le CPE aurait été instituté et il y aurait maintenant un volet de la loi française qui instituerait la précarité pour les jeunes !
    Le repentir « on a été manipulé » repris par quelqu’un opposé aux manifs m’amuse toujours !

  8. Ce que dit Fanette ne m’amuse pas.
    La lutte face à la précarité ne se fera pas « contre » le pouvoir, mais « avec » la solidarité.

  9. Non Nicolas, je ne suis pas contre les grévistes mais contre le fait de bloquer tout le monde, tous les travailleurs.. J’ai perdu 2 boulots comme ça !
    Et ça personne ne s’en rend compte, qd tu as les factures qui s’accumulent, les menaces des huissiers du Trésor Public, que tu rames pour faires des ménages et qu’on te dit non, il n’ y a pas de bus ni de métro, la SMTC bloque tout, il te reste la marche ou le vélo, le vélo il faut l’acheter qd on n’a pas un rond et faire 20km par jour en marche, tu abandonnes le boulot !

    est ce normal aujourd’hui d’en arriver là ?
    car ce sont toujours les plus précaires qui en patissent dans l’histoire !
    Le problème des grèves est récurrent et je le crains, car ce sont toujours, excuse moi du mot, des privilégiés qui mettent les précaires sur la paille !Mon mari est privilégié, il est cuistot, fonctionnaire, qu’adviendrait il s’il disait aux petits vieux : « désolé je suis en grève vous mangez rien aujourd’hui! »? Non, il n’ en a pas le coeur, il en a assez bavé lui aussi avant de rentrer dans le public. !

    Lorsque j’ai refusé dans l »‘EN de faire un jour de grève, on m’a pourri la vie, un jour de grève égalait la somme correspondant à la cantine pour ma fille pour un mois, crois tu qu’étant précaire contractuel à temps partiel on a les moyens de foutre de l’argent par les fenêtres ? Crois tu que mes collègues titulaires avec qui je travaillais depuis 2 ans qui connaissaient ma situation se seraient cotisées pour me payer cette cantine ? Et bien non, il n’ y a pas cette solidarité là ! Il n’ y a plus de solidarité, c’est chacun sa m.. et Dieu pour tous !

    La solidarité n’existe plus, il y a un fossé énorme dans le travail précaire, qu’on ne me mettre pas les fonctionnaires dans le lot s’il vous plaît, mon mari même s’il a un bas salaire comparé au privé, ne s’est jamais plaint depuis 5 ans ! La qualité de vie et les conditions de travail, c’est de l’or !

    Une partie de ma famille est fonctionnaire et quand je les vois se plaindre parce que le paniel de Noel à la sécu d’une valeur de 150€ a baissé et qu’ils n’auront pas le chapon cette année malgré les 35 heures, malgré le 13 et 14° mois, désolée mais on est dans deux mondes différents !

  10. J’ai vu ce genre de problème lors du mouvement CPE. Effectivement nous avons sans doute gêné quelques précaires. Des gens pour qui un retard signifie un renvoi. Et dire que nous nous bâtions contre cela … Cela rejoins donc ce que je disais nous avons évité que cette situation de précarité s’installe de façon durable dans une loi. Mais nous n’avons pas réussi à décoloniser les esprits qui considère cette situation normale, nous n’avons pas réussi à remettre en cause cette précarité.

    Il n’est pas normal de devoir faire des ménages pour payer ces études, pas normal d’être tester et jeter comme des malpropres. Il n’est pas normal aujourd’hui d’être dans de telles conditions avec le travail. J’en viens alors à des propos de Gérar Filoche. Il explique qu’aujourd’hui le marché du travail devrait en France être favorable aux jeunes. En effet la génération baby boom part à la retraite libérant de nombreux postes. Et portant on maintient le marché du travail dans un état précaires, afin justement d’éviter que les gens contestes.

    Tu as raison fanette il est plus facile de contester lorsqu’on a une situation stable que lorsqu’on est précaire. Et malheureusement je pense que tu ne milite pas concrètement contre cette précarité. Les lycéens et étudiants étaient alors peut-être les seuls à pouvoir les faire, même si au final nous avons éviter juste réussi à obtenir un statu-quo. Nous n’avons pas réussir à changer de voie…

  11. Il y a, comme cela, dans nos mots, dans les mots publics, ou communs, échangés, de force, il y a ces réalités qui, par ces mots, sont souvent dans le flou; et, dans cette cohorte, précarité est en bonne place. Car l’on peut lire que la précarité, c’est « l’état de ce qui est précaire, c’est-à-dire qui n’offre aucune garantie de durée, qui est incertain, sans base assurée, révocable ». Or, ce qui est certain pour celles et ceux qui vivent dans « la » précarité, c’est qu’elle est durable, certaine et apparemment peu révocable ! Ce qui, dans la précarité, n’offre pas de garantie de durée, c’est le contrat de travail : CDD successifs, périodes de chômage, qui ont leur durée propre, qui ont leurs « garanties » propres, mais dont la durée est brève, et non pas inexistante. Par comparaison, il y a celles et ceux qui ont toujours le même emploi, avec une garantie de durée, avec une base assurée, et en France, il y a les fonctionnaires, les actionnaires des grandes entreprises, les rentiers – mais, dans le « on » dit et le « on » pense, public, médiatique, il n’est toujours question que des fonctionnaires…
    Pour nos ultra-libéraux, il serait scandaleux que les salariés cherchent et obtiennent des conditions d’emploi sécurisés, alors que, dans le MEME TEMPS, toute la grande bourgeoisie travaille, dans toutes les dimensions possibles, à sécuriser son niveau de vie, ses revenus, … Donc, il est temps de penser les rapports individuels au « travail » et à l’enrichissement, qui peuvent être liés, qui ne le sont pas nécessairement…

  12. Ok avec toi Grellety !Je partage tout à fait ton avis et à toi aussi Valeuf qui voit la situation sous un autre angle !Dans ce combat contre le CPE, contre toute opposition à faire sur le gouvernement Sarkozy : il faut se serrer les coudes, être solidaire et ne pas faire n’importe quoi : il ne faut pas oublier par exemple, qu’il ya des mamans des parents isolées qui n’ont aucun mode de garde en cas de grève, et quand le service minimum n’existe pas, que fait un parent isolé ? Il sèche son taf ! Et si la grève dure ?

    c’est autant d’éléments que les gens devraient prendre en compte, il ya quand même deux fossés, les gens qui peuvent tout perdre avec une semaine de grève et ceux qui ne risquent rien (sans parler des fonctionnaires) !Car inévitablement, ceux qui ont les moyens de se payer une nounou au black ou déclaré à 50€ la journée toute une semaine, sont, comme par hasard des gens qui ont les moyens, on en revient sans arrêt au même point !

    Si les gens se concertait et faisaient jouer la solidarité entre eux on en arriverait pas là ! En ville les gens se comportent comme des égoïstes alors qu’en banlieue et dans les villages les gens s’organisent pour surmonter ces moments !

  13. Je pose d’habitude cette question pour me foutre de la gueule des gens mais pour une fois ça ne va pas être le cas. Je la pose tout à fait sérieusement parce que tu me sembles avoir un peu plus de plomb dans la cervelle que la moyenne des gamins qui sont partis manifester contre le CPE (qu’est ce que j’ai ri en les écoutant parler la plus part du temps).
    Donc cette fameuse question est (beaucoup moins simpliste qu’il n’y parait): Pourquoi avons nous été la risée du monde quand nos jeunes sont descendu dans la rue pour manifester contre le CPE?

  14. « descendus » roooooooooooooooooooooh
    Et j’ai oublié de signer et donc de me présenter.
    Donc voilà: « bonjour, je suis le Dr Hell » :o)

    Dr Hell

  15. Jumellescosmiques,

    Peut-être parce que pour la première fois de l’existence des démocraties un gouvernement faisait passer une révolution du droit du travail, d’ailleurs contraire aux conventions internationales dans le domaine, sous la forme d’un petit amendement passé discrètement ?

    Nos voisins avaient raison de se moquer d’un gouvernement qui faisait n’importe quoi et se faisait rappeler à l’ordre par le peuple.

    Nos voisins avaient ensuite raison de se moquer de de Villepin qui s’enfermait dans son truc, la pire situation jamais rencontrée par un premier ministre, puis de Jacques Chirac qui a promulgué une loi qui n’a jamais été appliquée…

  16. Fanette, as tu compris l’esprit de ma question? Je ne crois pas car dans ce cas là tu aurais compris que ton « bien envoyé » est carrément hors sujet.
    Nicolas, en fait quand je lisais la press étrangère ce n’est pas de notre gouvernement qu’ils se moquaient mais des manifestants. Et donc je voudrais savoir en toute simplicité et sans provocation ce que vous en pensiez.
    Je pourrais disserter sur ta réponse mais ma démarche ici est vraiment de comprendre votre manière de voir les choses et pas de compter les points (n’est ce pas Fanette?).
    Merci
    Dr Hell

  17. Jumellescosmiques,

    Tu fais une étude sociologique ? C’est gentil de répondre à la nôtre.

  18. Jumellescosmiques : Merci de me prendre pour quelqu’un d’un peu plus intelligent que ce que tu considère comme une masse débile qui a suivi comme des moutons. Pourtant ces gens avait aussi quelque chose de difficile à expliquer au fond de leur ventre qui les poussé à venir dans ces manifs … et peu à peu ils ont construits leur discours politiques. Et quand je pense aux gens qui disent que nous étions manipulé, il suffit de lire les médias de l’époque avec un peu de recul pour se demander qui manipule qui …

    Je pense d’ailleurs qu’a cette époque nous ne lisions pas forcement la même presse étrangère. Car je ne garde pas le souvenir d’être plus la risé que pendant les émeutes de banlieue. Et ce que les médias ont stigmatisé c’est la violence que l’on pouvait voir en manif, jamais ils se sont intéressé à nos revendications, nos idées. Tu pourras même regardé par exemple les émissions de Arret Sur Image de l’époque ou on voit que dans un JT de TF1 sur les sujets consacré sur le CPE plus de 50% sont consacré à la casse dans les manifs. Quand on sait que les journalistes étrangers se sont au début basé sur les JT français. Il y a matière à réfléchir.

    Enfin je peux te citer de nombreux médias étrangers qui ont été intéressé par notre combat, sans se moquer. J’ai rencontré des journalistes de plusieurs pays qui n’ont pas eu l’attitude dont tu parle. Je finis par cette anecdote. Une journaliste de Corée du Sud nous a contacter pour un article sur le fonctionnement interne de notre syndicat car ce pays connaissait aussi des mouvements lycéens ces derniers temps particulièrement des mouvements féministes, pour par exemple la possibilité des filles de porter des pantalons à l’école etc… L’article présente notre combat, nos préoccupations et nos fonctionnements. Et la journaliste à aussi écrit un papier off qu’elle a transmise à des organisations lycéennes pour leur donner des idées.

    Je crois donc que nous avons un problème de différentielle de réalité :s

  19. Nicolas, non je ne fais pas une étude sociologique, je m’intéresse juste un peu à la manière de voir les choses des gens qui ne pensent pas comme moi. Pas toi?

    Valeuf, merci pour ta réponse. Je me souviens effectivement des journalistes coréens qui étaient venus chez nous pour couvrir ces manifestation car les journaux télévisés en avaient un peu parlé.

  20. Jumellescosmiques,
    Si ! Justement ! Je ne pars avec l’a priori que les manifestants français étaient la risée des populations européennes.
    En outre, je ne débarque pas sur un blog ouvert depuis trois jours pour parler de la précarité en tentant de démontrer que les luttes contre sont grotesques. Je laisse penser les gens qui ne pensent pas comme moi !

  21. Nicolas, tu m’as l’air de bien savoir de quoi tu parles lorsque tu t’exprimes sur les a priori.
    Quant au fait de laisser penser les gens qui ne pensent pas comme toi, jusqu’où va cette tolérance? S’il s’agit bien de tolérance mais il se peut qu’encore une fois je n’ai rien compris.
    Pour essayer de cloturer ce débat plus que stérile: je n’ai rien tenté du tout. Je cherchais à comprendre.
    Merci encore une fois Valeuf.
    Dr Hell

  22. Jumelles,
    Merci donc de clore ce débat stérile que tu as ouvert.

  23. Jumellescomiques a écrit :

    « Pourquoi avons nous été la risée du monde quand nos jeunes sont descendu dans la rue pour manifester contre le CPE? »

    C’est bien sur un mensonge typique de la grande bourgeoisie. Au contraire, des millions de citoyens dans le monde ont regardé vers la France, avec intérêt et admiration. Admiration ? Oui, car, dans leur pays, comme notamment aux Etats-Unis, de telles manifestations de masse sont impossibles, tant l’ordre policier est violent, et parce que les citoyens sont soumis aux ordres de cette grande bourgeoisie. Et celle de France rêve de nous conduire à cette américanisation…

  24. Ce blog démarre à peine, qu’il est déja pollué par des trolls.

    J’aimerais bien que jumellescosmisque nous donne au moins un lien sur un article de la presse étrangère qui justifie son propos méprisant.

    On peut rejoindre un combat parce qu’on en ressent la nécessité dans ses tripes sans pour autant être capable de faire une conférence de presse pour en donner des raisons qui vont plus loin que le ressenti. Faut il être méprisé pour cela?

    Je crois aussi que lors des évènements du CPE, la France est redevenue pendant quelques semaines une lumière qui a éclairé le monde pour affirmer la possibilité que le système qui nous écrase peut être combattu.
    (bien sûr, tous les valets, larbins de ce sytème ne voient pas les choses de cette façon)

  25. Quand quelqu’un participe à un débat, il est important de l’écouter et d’aller jusqu’au bout de l’échange. Car si l’on ne consent à ne débattre qu’avec ceux qui sont d’accord avec nous… je ne vois pas trop où est le débat.

    « Je désapprouve ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » : cette fausse citation de Voltaire résume plutôt bien l’esprit démocratique. Donc, plutôt que de crier au troll au moindre avis divergent, il est possible de se pencher sur la source du problème, à savoir la manière dont la crise du CPE a été rendue à l’étranger. Acrimed s’y est collé et c’est fort intéressant. Cela confirme aussi la couverture étrangère d’autres évènements en France, comme les « émeutes » de novembre 2005 où nous avions l’impression d’être en pleine guerre civile à en croire certaines chaînes étrangères.

    En résumé, les média sont des sortes de miroirs déformants de la réalité sociale dont la courbure colle aux intérêts de ceux qui les détiennent. Autrement dit quand un événement se trouve sous le feu médiatique, il importe de regarder d’abord à qui appartient la main qui tient le projecteur.

    Ou alors, on finirait par croire que la vérité sort de Fox News 😉

  26. Je ne peux pas éditer mon commentaire (ERIIIIIIIIIIIIIIIC!) donc voici les liens que je comptais mettre à jour dans le texte :
    Pour Acrimed
    Pour la fausse citation

  27. @ Donatien:
    « Je n’ai jamais trop compris la place des lycées dans cette manif , si ce n’est pour l’aspect fictif ».

    C’est tout simple, un lycéen ne considère pas son avenir comme « fictif ». Il devrait, d’après toi?

  28. En fait, les jeunes, lycéens ou pas, vivent la précarité au jour le jour, à travers leurs expériences, leurs copains, et parfois aussi leurs familles. Ils ont tout de suite compris, pour eux c’était lumineux, que le CPE c’était OFFICIALISER la précarité.

    D’où leur détermination! Et heureusement qu’ils étaient là, car ce n’est pas les petites promenades de la gare à la préfecture ou de Bastille à République qui auraient fait reculer le gouvernement (exemple, le CNE, pourtant si mal ficelé qu’il est maintenant mis à mal par les tribunaux prud’homme).

  29. Merci mc 🙂 Cela résume très bien les choses !

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