Au ministère de l’Enseignement supérieur, on sait recevoir les stagiaires

(Eric M.)

Mise à jour: suite au mail d’un lecteur qui me demande si ce billet a un lien avec la précarité, j’apporte des précisions. Hier soir, je suis passé rue Descartes, près de chez moi. « Génération précaire » se trouvait devant le ministère de l’Enseignement supérieur. Ce collectif devait participer à une réunion sur les stages (situation précaire s’il en est) mais ils n’ont pu rentrer dans cette réunion qu’une heure et demie après l’heure prévue. Je raconte juste ce que j’ai vu et entendu.

Aujourd’hui à 17 h, une réunion sur le suivi des stages avait lieu au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Mais le problème, c’est qu’une partie des participants (des organisations étudiantes et la CGT) n’ont pas pu rentrer dans un premier temps. Les responsables de la sécurité les ont bloqués à l’entrée. Ils ne sont rentrés qu’à 18 h 20. Situation ubuesque! J’étais présent, j’ai discuté avec eux…

La réunion rassemblait des représentants de deux ministères (Travail et Enseignement supérieur), des représentants des étudiants, des syndicats de salariés et des représentants d’entreprises…

Etaient notamment présents génération précaire. Une dizaine d’entre eux ont organisé un petit hapening. Habillés en noir avec chemise blanche, visage recouvert d’un masque blanc, ils ont distribué des petits fours et du mousseux. Les passants et les autres invités à la réunion ont eu droit à un service hors pair. « C’est une façon de représenter la situation des stagiaires », explique l’un des « serveur stagiaires ». « Dans l’entreprise, le stagiaire est celui qui accompli toutes ces tâches obscures, dans une relation totalement déséquilibrée avec son employeur ».

Etaient également présents M. Lis, de la CGT, une représentante de la Confédération étudiante, un représentant de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France). Ces personnes ont patienté devant le ministère, rue Descartes (Paris 5ème) pendant près d’une heure et demie.

Et pendant ce temps, les autres invités à la réunion entraient les uns après les autres, en ayant à peine à montrer leurs papiers. L’aspect cocasse de l’histoire, c’est que ceux qui entraient étaient des hommes d’âge respectable, le cheveux joliment gris-blanc, et que ceux qui restaient dehors étaient les étudiants. Pour une réunion sur les stages, c’est tout à fait logique.

Les médias étaient là aussi. Une journaliste de Radio France. Une de la chaîne Direct 8.

Une journaliste a interviewé les représentants de génération précaire. Elle a voulu interviewer un représentant d’une grosse entreprise (qui est entré facilement dans la réunion) mais il a refusé de s’exprimer. Elle a interrogé: « c’est un sujet tabou les stages? » Lui de répondre: « Non, pourquoi? » Et elle: « Et vous voulez vous exprimer? » Lui: « Non! »

L’ambiance, vous le sentez bien, était un peu étrange. Une quinzaine de personnes patientaient devant l’entrée du ministère, dont celles avec leur convocation à la réunion. Puis est arrivé un groupe de jeunes femmes, pratiquant le yoga. Elles avaient une séance dans une des salles. Mais on les avertit que le cours n’aurait pas lieu. Pourquoi? Je ne l’ai pas su.

Puis une représentante de la préfecture de police a fait son entrée. Ca devenait sérieux. Personne ne songea à lui offrir des petits fours.

Et, finalement, vers 18 h 20, les représentants de la CGT, de l’UNEF, de la Confédération étudiante et de génération précaire ont été autorisés à rentrer. Pourquoi tout ce pataquès?

Lien: Le comité des stages et de la professionnalisation des cursus universitaires

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7 réponses à “Au ministère de l’Enseignement supérieur, on sait recevoir les stagiaires

  1. Sous la torture, j’ai fait parlé Eric : ce sont bien les cerbères du Ministère qui ont empêché les associations invitées d’arriver à l’heure. A l’heure. Un peu comme si je disais à ma secrétaire : « j’ai convoqué machin à telle heure pour lui faire plaisir mais je ne veux pas le voir, vous l’empêcherez de rentrer ».

  2. @Alexandre,

    merci de ton commentaire

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  5. C’est une bonne technique que de faire poireauter les gens avant une réunion, ça plante bien l’ambiance le décor et la relation !
    Peut-être qu’au ministère, ils ne sont pas habitués à voir de vrais étudiants !?! 🙂

  6. Le plus drôle c’est quand la personne de la préfecture de police est arrivée. Avant de dire bonjour elle a dit: « Quelles sont vos revandication? » Elle croyait avoir affaire à une prise d’otage?

    🙂

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