Le pouvoir d’achat [et des poussières…]

rayons-supermarche.JPG
Rayons de supermarché [Photo Lyzadanger – source]

Monsieur E.Leclerc, il le dit dans sa publicité : «le pouvoir d’achat, c’est ce qu’on peut acheter avec ce qu’on a».

Par pure méchanceté, je soulignerais bien combien m’étonne le fait que Michel-Édouard ait des fins de mois difficiles mais cela friserait d’un peu trop près la diffamation. Je ne sais même pas combien il gagne.

De toute façon, la bonne formulation, pour être plus précis, serait de dire : le pouvoir d’achat, c’est ce qu’on peut acheter avec ce qui reste.

Par exemple, si tu bosses pour un patron qui a plus la passion des voitures neuves que du dialogue social, tu perd très vite en pouvoir d’achat. Ça devient de moins en moins le super-pouvoir de remplir les caddies®, en tout cas.

Si tu ajoutes les deux pour cent ou presque d’inflation mesurée et les quelques dix pour cent de ton loyer annuel, tu te retrouves assez vite à courir après la paie du mois d’après.

Ce que je ne comprends pas, c’est qu’il n’y ait pas ici de loi obligeant les entreprises à augmenter les salaires dans les périodes fastes. Comme si elles n’étaient pas des outils sociaux aussi. Comme si elles existaient en dehors de la sphère sociale, de la cité.

Arrivé au bord de l’épuisement financier, tu te décides à quémander demander l’aide au logement. Qui peut même être versée directement à ton propriétaire. Ce qui lui permet ainsi de faire fructifier son placement immobilier et d’en payer les charges que lui réclame l’État.

Ce qui permet à l’aide sociale d’aider les locataires tout en alimentant elle-même, la hausse des loyers et la valeur locative des appartements loués.

Si quelqu’un avait une idée pour sortir de cette spirale qui mène trop de monde à la précarité…

anti_bug_fck

Advertisements

21 réponses à “Le pouvoir d’achat [et des poussières…]

  1. sur la disproportion croissante entre la « valeur d’usage » et la valeur demandée pour l’usage de biens immobiliers, les outils sont ailleurs, dans l’utilisation des mécanismes du marché , en inversant la rareté du bien au loueur, et donc en mettant sur le marché un max de logements sociaux …
    pas dire, mais on en prend pas le chemin, qui oserait « dépouiller d’une partie de la valeur de son bien » la france propriétaire ? n’est ce pas Mr delanoe ???
    Il y avait des terrains à paris pour les JO, pas pour le logement social …

  2. PS : à la limite, on peut même envisager du social privé, j’avais lu une démo, par un canard économique que l’investissement social est aussi, et parfois plus rentable pour l’investisseur individuel que l’investissement locatif middle class …. mais j’ai pas retrouvé …

  3. Les marques : le logement social était bien un régulateur du marché, tu as raison. Malheureusement, c’est une idée qu’il va falloir réinventer parce que là, elle est tombée aux oubliettes.
    Ici, sur Toulouse, en matière de construction de logements, ce sont les groupes privés qui se remplissent les poches sans presque jamais de logements à loyer modéré !
    C’est bien un choix de nos responsables politiques…

  4. L’expression même de pouvoir d’achat me semble débile. Le pouvoir et l’achat de choses inutiles (ou superflues, embarrassantes, polluantes, encombrantes, cons…) sont deux choses différentes.
    Quant au pouvoir d’acheter des légumes, c’est à mourir de rire. On ne peut pas parler de pouvoir. Ou alors, Mme Michu et ses poireau c’est Staline sans la moustache, mais avec un caddie.

    Sortir de la spirale? Est-il besoin d’en sortir? Au niveau indiciduel il convient d’abord de ne pas en être prisonnier.

  5. Eric : c’est une spirale dans le sens où les augmentations de salaire, le peu qu’on a, ne servent finalement qu’à compenser les évolutions à la hausse des dépenses « obligatoires ». Encore que même cette croissance du revenu salarié ne suffise même plus à couvrir ça…
    🙂

  6. Il faudra qu’on creuse cet aspect :
    « Ce qui permet à l’aide sociale d’aider les locataires tout en alimentant elle-même, la hausse des loyers et la valeur locative des appartements loués. »

    D’une manière générale, l’aide sociale alimente l’immobilier et la consommation donc les bénéfices de grands groupes…

  7. Nicolas : tout à fait d’accord avec toi, c’est une piste de réflexion…
    🙂

  8. « Monsieur E.Leclerc, il le dit dans sa publicité : «le pouvoir d’achat, c’est ce qu’on peut acheter avec ce qu’on a». »,
    on peut aussi acheter avec ce que l’on a pas, c’est le » super pouvoir d’achat « ou le crédit revolving,Finaref, Cofinoga,Sofinco,Cétélem… tous ces organismes bien mis qui ont l’art de vous faire croire que c’est possible quand ça ne l’est pas et qui vous mettent, en toute légalité, dans la merde !

  9. Cat : ah oui ! Bien vu ! C’est vrai que ces rapaces attendent aussi au coin de la rue avec leur offres tentatrices !
    Le crédit revolver à la portée de tous !
    🙂

  10. Le vrai pouvoir d’achat – pas si loin d’une porte de sortie de la spirale – c’est de voter avec son portefeuille.
    Acheter moins peut-être, mais acheter mieux.
    Manger un peu moins, mais manger bio (si on peut).
    Choisir des produits sans marque et sans pub (la pub, c’est le plus gros impôt du pauvre : le marché publicitaire français est équivalent au total des impôts sur les sociétés, pris dans les poches de ceux qui achètent).
    Ne pas toujours chercher le moins disant (du téléphone, d’Internet, de la voiture, des vacances…), quitte à consommer moins, parce qu’à toujours chercher moins cher, on finit par trouver des employés sous-payés.
    C’est facile à dire, je sais, quand il faut nourrir les enfants. Mais on peut toujours trouver, d’une façon ou d’une autre, un moyen de dépenser quelques euros en citoyen. C’est bon pour le moral. C’est le vrai pouvoir de votre argent.

  11. Don Lo,

    Ca n’est pas si difficile à faire… En vue de faire un billet (jamais terminé), j’avais comparé mon budget « gadgets électroniques et autres bazars inutiles » à celui de copains à moi (dont le Marc dont je parlais dans un billet) pour la plupart smicards.

    Mon budget est largement inférieur à eux (à ma grande honte, je n’ai pas de lecteur de disque dur externe : je ne vois pas l’utilité de mémoriser 300 films…). Un exemple : mon appareil photo numérique m’a duré 6 ans parce que j’avais acheté le haut de gamme (alors que beaucoup de gugusses changent de téléphone pour avoir plus de pixels pour la fonction photo !).

    Je suis donc d’accord avec toi : ne pas chercher le moins disant. Il vaut toujours mieux différer un achant plutôt que d’acheter des conneries (ce qui permet en outre d’éviter les frais bancaires…).

    Par contre, pour l’alimentaire, je ne vois pas comment, quand on n’a pas de pognon, on peut faire pour acheter du mieux disant… Le bio attendra un peu…

  12. @ Nicolas, pour : « Par contre, pour l’alimentaire, je ne vois pas comment, quand on n’a pas de pognon, on peut faire pour acheter du mieux disant… Le bio attendra un peu… »
    Ma voisine est un peu plus précaire que moi (mère célibataire, femme de ménage). Mais elle a sa fierté qu’elle plaçait dans « Moi, mes enfants mangent de la viande tous les jours ! ». Ce qui la conduisait chez leclerc, pour acheter du porc à pas cher qui ruine les soles et les paysans bretons. Bon.
    Chaque fois qu’on l’invite, on lui fait du végétarien bio… et on lui montre la facture à la fin (je sais, pas très élégant, mais elle, qui sait ce que valent les choses, elle apprécie).
    Petit à petit, ça marche. Elle lâche un peu la saucisse/purée pour passer au tofu. Elle a changé de bulletin de vote…

  13. Oups.. « du porc à pas cher qui ruine les soles et les paysans bretons »
    Désolé : les sols (j’avais mis le turbot, tapé trop vite)

  14. Ca n’a pas fait un plie.

  15. pas pour dire, mais si le bio, c’est du tofu, comptez pas sur moi … ou alors, vous risquez d’attendre longtemps …
    Entre bouffer de la sous-saloperie genre les raviolis eco de MEL et de la saloperie bio … je refuse l’obstacle …
    et pour nous qui avons la chance, dans notre province profonde, d’avoir de vrais marchés , on peut acheter du « non traité » qui vaut amplement moins cher que les derniers produits de l’agro-industrie bio … et qui réjouit les sens …

  16. oups, j’ai oublié un morceau … :
    je crois pas à la rédemption … fut elle par le tofu …
    juste à un réapprentissage du plaisir …

  17. « Petit à petit, ça marche. Elle lâche un peu la saucisse/purée pour passer au tofu. Elle a changé de bulletin de vote… »

    La conscience politique passerait donc par le tofu?

  18. Bon, les goûts et les couleurs… surtout les goûts, en l’occurence !
    J’ai mis tofu pour faire plus court (encore que bien cuisiné, c’est bon).
    Juste pour rappeler que le vrai problème n’est pas « tofu ou bonne bouffe » mais bien « viande de merde pas cher qui pollue ou bonne bouffe saine pour nous et la terre, même si c’est pas viande à tous les repas ».
    On achète, on vote.
    Quand on achète du produit super discount (genre le Jean à 3 euros, ou la croisière sur le Nil à 450 euros avion compris), 1-il y a forcément quelqu’un qui ne mange pas à sa faim dans la chaîne, 2-on vote pour que cela perdure.

  19. euh … perso , je reste sceptique sur les trucs genre commerce équiquette à la max et ses pôtes …
    comme je reste convaincu de la capacité de l’agro-industrie à intégrer les « exigences bio » des consommateurs pour pondre de la tomate en décembre , bio … dans des conditions et avec des plans qui sont déjà à l’oeuvre dans l’agriculture conventionelle …
    Par contre, je suis foncièrement convaincu que la revendication du « bon » est antinomique de productions agricoles industrielles … et devrait amener à des pratiques agricoles raisonnées … et c’est quand même plus « bandant » de se battre pour le bon …
    sur le jean low cost … on en reparle le jour ou l’exigence des certificateurs d’équitabilité se posera aussi sur les rémunérations des salariés …
    sur la croisière … ben si l’avion se casse la gueule, perso, je pleure pas …

    sur la question du vote … qui est, à ce jour en mesure de porter un autre projet de développement ?

  20. A propos de « commerce équitable », il conviendrait de se poser un certain nombre de questions…..Prenons le leader,Max havelar, par exemple….qui a passé des accords de distribution avec des groupes tel que aUCHAN OU carrouf….. En plus d’Auchan, Carrouf et autres, Max Havelaar a passé des contrats équitables avec des gens sympas comme Nestlé, McDonald et même Accor, le groupe hôtelier qui paye des Africaines le SMIC à condition qu’elles fassent une chambre d’hôtel en vingt minutes chrono. Malheureusement, tu te doutes bien qu’un type capable de faire de l’équitable avec Mac Do et Carrefour (manque plus que Microsoft, quoi) a peu de chances de faire de l’équitable sur place, chez les pauvres. le café Max Havelaar, ça fonctionne comme ça :
    Ils vont trouver un regroupement (une coopérative) de petits paysans pauvres-méritants-producteurs-de-café, dans un pays sympa et aisé, genre le Guatémala. Ils lui proposent une certification Max Havelaar. Le couillon de Guatémaltèque accepte. Que se passe-t-il ? Il paye pour être certifié ; en échange, il est donc certifié équitable et là, quand même, Max Havelaar s’engage à lui assurer un prix minimum. Très minimum, hein, mais au moins il n’est pas totalement soumis à la dégringolade des cours du café.
    Mais -et c’est là qu’on rigole- le fait d’être certifié ne garantit en rien au gentil-paysan-pauvre qu’il vendra tout son café en équitable ! Hé oui, encore faut-il qu’il trouve des acheteurs, et là Max Havelaar ne lui garantit plus rien. Max vend la certification, rien de plus. Dans les faits, le gars se retrouve souvent à écouler la grosse majorité de sa production en « non équitable » alors même qu’il a raqué à Max Havelaar pour le certifier…le café acheté en équitable, il l’est vraiment ? Eh bien cela dépend. Si l’on considère que les quelque 50 inspecteurs que sous-traite Max Havelaar sont suffisants pour inspecter environ un million de petits paysans chaque année, oui. Sinon, c’est, clairement, du foutage de gueule.
    Ah oui, et pour les sous que ça fait en plus au paysan, ça lui fait en gros 10 à 15% du prix du paquet que tu achètes. En théorie, parce qu’en fait, Max Havelaar verse la thune aux coopératives, lesquelles ont des frais et ne sont pas toujours follement bien gérées (normalement ça, Max devrait s’en occuper, mais, comme on l’a vu plus haut, ses inspecteurs sont moins nombreux que ses affiches de pub dans le métro). Ah, et puis la différence de prix importante, elle est pour toi, con somateur, à 100%. Le torréfacteur qui achète le café au prix de la merde au petit paysan (et en dollars) et le supermarché qui te la vend au prix du roquefort (et en euros) eux, ne payent pas un centime.
    Et enfin, si tu t’imagines que ton café Max est transporté dans un bateau sympa, équitable et autogéré par un pote à Manu Chao, tu te fourres le doigt dans l’oeil jusqu’au Chiapas. D’ailleurs, Manu Chao, il autogère surtout son fric…..

  21. A propos du logement social privé, il faut aller voir sur le site de Habitat et Humanisme qui en fait la promotion.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s