Le salarié au sifflet

Poursuivons notre petite exploration des joyeusetés du salariat contemporain, avec, aujourd’hui, cette merveille du capitalisme contemporain qu’est le concept du salarié au sifflet.

Pendant que certains aspirent à gouverner nos destinées nationales et assènent leur attachement à la valeur travail dans un élan lyrique qui n’a rien à envier au Pétain des années 40, contentons-nous d’arpenter les bas-fonds de la réalité quotidienne des plus fragiles d’entre nous.

Tout commence toujours par un petit message sur le forum des empêcheurs d’exploiter en rond :

Bonjour,

je suis actuellement en contrat CDD 20h chez Decathlon depuis le 6 Février 2006 et à compter du 1er Février 2007 je dois signer un CDI 15h par semaine.

J’ai touché depuis le 6 Février 2006, un complément de salaire des assedis, que je ne touche plus depuis….

du Fait que je passe de 20h à 15h par semaine quels sont mes nouveaux droits ?
Est-ce que je vais avoir droit encore à un complément de salaire des assedics ?
Est-ce que je vais avoir droit à une prime de précarité étant donné que de 20h en Cdd je passe à 15h en CDI, parce que là on peut dire qu’il va y avoir de la précarité dans l’air !

Pour moi il me semble trés logique que si je peux plus toucher une quelquonque indemnité lorsque je serais à 15h, autant que je refuse ce CDI et toucher un revenu décent en étant au chomage ou bien même au RMI. Il faut savoir que 15h par semaine c’est même pas le salaire d’un Rmiste.

Merci pour vos réponses.

Déjà, avec un mi-temps, on peut dire que la paye était plutôt calculée pour couvrir les besoins… jusqu’au 15 du mois! Les bons mois. Ce qui explique que ce genre de boulot fait disparaître les chômeurs des listings des ASSEDIC mais les laisse plutôt dépendants des subsides de l’État. Mais bon, admettons que ce soit là l’étape obligée pour retrouver sa dignité et le chemin glorieux du travail et de son Saint-Graal : le CDI!
Voilà donc que notre petite chanceuse qui décroche enfin un beau CDI après un an de bons et loyaux services. Manquerait plus qu’elle ne soit pas contente en plus, non?Ben si, elle n’est pas contente, l’ingrate. Parce qu’en plus, il lui faudrait un plein temps!

Bon, faut bien dire qu’avec 15 heures par semaine, elle va gagner 537€/mois… bruts. Ne jamais oublier que les exonérations de cotisations sociales ne sont jamais qu’à destination des patrons. Ce qui fait qu’en net, elle devrait arriver à toucher un peu plus que le RMI! À peine! Mais bon, à quoi peut-on s’attendre, je vous le demande, quand on bosse pour le leader mondial de la vente de tente pour SDF?

Sur ce, arrive la question cruciale : quel est l’intérêt de ce type de contrat?

Le management de la misère

Pour le salarié, franchement, je ne vois pas. Autonomie, retour à l’emploi, dignité de l’utilité retrouvée, sortir de la merde, ne plus être assisté… franchement, ça ne sert à rien de tout cela. Mais d’un autre côté, le choix est de plus en plus retreint : c’est ça ou le RMI. De ce point de vue, le RMI est plus avantageux, puisque pour le même prix, il n’y a pas toutes les dépenses annexes : vêtements décents pour aller bosser, transports pour le trajet travail-domicile, garde des nains, restauration extérieure. Finalement, ce type de contrat, c’est presque le RMA : le RMI contre du travail!

Par contre, pour l’employeur, c’est tout bénef!
En imposant au salarié un contrat avec une base horaire au plancher, il s’offre le rêve patronal : un salarié au sifflet!

Avec un CDI à temps très partiel, le salarié a absolument besoin de travailler plus. Pour travailler plus comme le dit si bien le petit Nicolas, c’est en fonction des besoins de l’entreprise, pas de ceux du salarié. Lequel est appelé quand il y a du travail, des périodes d’affluence, des absences. Donc il y va. Et plus il y va, plus il ferme sa gueule et plus il accepte tout et n’importe quoi, plus il aura d’heures de travail complémentaires, jusqu’à arriver à une trentaine d’heures.
Donc pas assez pour le sortir de la pauvreté et de la précarité. Juste de quoi surnager encore un peu.
Ben oui, c’est ça la magie du CDI à temps ultra partiel : cela maintient les salariés dans la super précarité. Parce que le salaire minimum garanti à temps partiel a été calculé pour ne pas suffire. Il est même effectivement sous les minima sociaux, une fois les frais déduits. Pour que le salarié soit toujours en attente de quelques heures de plus. Au bon vouloir de sa hiérarchie. Selon sa bonne gueule. Et qui ne lui paie que juste les heures dont l’entreprise a besoin quelques soient les fluctuations d’activité.

C’est ça la flexibilité!!!
Alors, si en plus, le CDI à temps très partiel est aussi un CNE, vous imaginez la danse du slip pour l’employeur!

Des hommes comme des marchandises

Le plus intéressant dans tout cela, c’est d’examiner de quelle manière s’est construit le salariat au sifflet, lequel sera à n’en pas douter un instant, la norme d’emploi dans un avenir des plus proches.

L’employé au sifflet est déjà la norme dans la grande distribution, alimentaire et spécialisée, la restauration rapide, (mais je pense que la traditionnelle peut être touchée) et les services à la personne. C’est-à-dire tous les secteurs à faible valeur ajoutée dont l’essentiel de la prestation est fournée par du travail humain.

Il s’agit en fait de la transposition de la logique des flux tendus, applicable aux stocks de marchandises, sur les humains.
Si vous avez un gros entrepôt avec plein de marchandises à vendre, vous êtes sûr de n’être jamais en rupture de stock. Le soucis, c’est que le volume de stockage a un coût et toute marchandise prête à vendre qui ne l’est pas immédiatement correspond à de la trésorerie immobilisée et non rentable.
D’où la mise en place des GPAO (logiciels de gestion de la production) évolués avec gestion des flux tirés : c’est la demande qui crée l’acte de fabrication et le stock tampon est réduit à son minimum. C’est le concept de production on demand. Ce qui signifie que l’outil de production (y compris les bonshommes) ne doit fonctionner/exister dans l’entreprise qu’en phase de production. Cette gestion en flux tendu du travail a été rendue possible… par l’annualisation du temps de travail.

À volume horaire constant, voire diminué (35 heures), on ne mobilise la main-d’oeuvre qu’en fonction du besoin, c’est à dire beaucoup en période de gros besoin et peu en période de creux. Mieux utilisée, signifie, globalement, économie sur les effectifs globaux, puisque les salariés permanents deviennent des sortes d’intérimaires de l’intérieur. Ce qui évite d’en recruter à l’extérieur.
Cependant, si le salarié est à plein temps, cela implique que l’on doit le payer le même tarif tous les mois (grâce à l’annualisation) et donc que l’on est contraint de lui faire une sorte d’avance sur boulot les mois creux. Donc, de la trésorerie dehors non traduite immédiatement en production/ création de valeur ajoutée.

C’est donc la réduction à presque rien du coût des heures sup’ (lesquelles ne sont plus des heures sup’ sous le seuil des 35 heures, mais des heures complémentaires) qui permet d’arriver au summum de la gestion des ressources humaines en flux tendu : le CDI à temps très partiel. En fait, le contrat est basé sur le plus petit contingent possible d’heures. En gros, l’entreprise sait que même à marée basse, elle utilisera sa main-d’œuvre ultra flexible dans les 15 heures par semaine (dans le cas qui nous intéresse).
C’est donc le montant de son contrat et de son salaire mensuel fixe et garanti.

Et il suffit de lui filer en heures complémentaires tout ce qui va correspondre à un surcroit de travail qui sera affecté au salarié selon la méthode du juste-à-temps, très prisé des responsables de production. Cela revient à coller virtuellement un bouton on/off sur le salarié : y a du boulot, t’es là, t’es payé. Y en n’a pas, tu sors, t’es pas payé. Et un grand merci au téléphone mobile qui permet de siffler son salarié pratiquement en temps réel! Ainsi, on a déstocké les heures de travail sur le dos des salariés.

Et grâce à l’annualisation du temps de travail, jusqu’à hauteur de l’équivalent annuel de 35h/semaine, les heures payées en plus du contrat initial ne coûtent pratiquement pas plus cher que si elles étaient contractuelles et surtout, au final, on économise sur les salaires équivalents temps plein qui auraient été payés pendant les périodes creuses.

Ainsi, l’entreprise se décharge sur le salarié du risque des creux de production, et cerise sur le gâteau, en le maintenant à un salaire garanti au niveau des minima sociaux, la nécessité de parvenir à faire des heures sup’ en pagaille à n’importe quelles conditions pour le salarié au sifflet devient vitale.
Il saura donc se rendre très disponible, et être le plus arrangeant possible avec son chef, lequel a le pouvoir exorbitant de décider si son employé sera pauvre ou miséreux ce mois-ci!

En gros, je ne vois pas pourquoi ce genre de pratique ne s’étendrait pas à l’ensemble du corps salarial dans un très proche avenir!

Travailler plus pour gagner plus!!!
Si ce n’est pas le top de la fumisterie, ça!

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38 réponses à “Le salarié au sifflet

  1. En accédant directement à ce billet via rezo j’ai cru à un plagiat 🙂

    Mais tu as raison Agnès, ce billet est excellent et mérite d’être multi-diffusé.

  2. Le problème d’Internet, c’est la mémoire de poisson rouge. J’ai écrit des trucs intéressants cet été, mais comme beaucoup de mes lecteurs étaient en vacances, c’est comme si je n’avais rien écrit.

    J’ai déjà beaucoup écrit sur la précarité et des gens qui me lisent maintenant ne me lisaient peut-être pas avant.

    En plus, je n’aime pas cette histoire de l’info qui chasse une info. Je ne fais pas d’actualité, de journalisme, juste de l’analyse. Ce qui était vrai en janvier l’est toujours et la précarité est bizarrement quelque chose de très stable dans le temps!

  3. Démonstration impeccable.

  4. Manifestation du 6 novembre 2007 http://aliciabx.over-blog.com/

    Manifestation du 6 novembre 2007 :

    Intitulée la journée des masques :

    Six mois de trompe-l’œil et de mouvements erratiques.
    Six mois d’annonces et d’informations contradictoires.
    Six mois de sauts sur-place et de fumée.

    Il est temps de rappeler à l’esprit de chacun la situation actuelle :

    La situation économique s’aggrave, rien n’est fait pour créer des emplois, rien n’est fait pour prendre en main l’endettement scandaleux de la France.

    La situation sociale s’aggrave et rien n’est fait de constructif pour les petits et les sans voix, les personnes âgées et les malades, les sans domicile, les sans papiers.

    On avance une réforme de la justice qui n’en est pas une.

    On avance une réforme du système scolaire et universitaire qui n’en est pas une.

    Les grands débats sur l’environnement ne sont qu’un effet d’annonce.

    Quant à notre politique internationale…

    Le rapprochement vers le citoyen n’est qu’un masque pour endormir les critiques.

    Que de dépenses non fondées en six mois… Que de paroles vides en six mois…

    Policueil, mouvement citoyen de réflexion et de vigilance invite à manifester le 6 novembre dans toute la France.

    Une manifestation dans le silence et la dignité car nous demandons aussi le respect et la considération.

    Ce jour-là nous porterons le visage blanc et triste du mime.

    La gestuelle du mime sera notre marche de protestation.

    Informations sur :

    http://policueil.forumactif.info/La-rue-dunette-Manifestations-f11/MANIFESTATION-6-NOVEMBRE-2007-t44.htm

    Faites circuler l’information. Merci.

  5. … n’est pas parti en vacances & tout lu.
    (il est r’miste)

  6. excellent comme souvent madame Agnès. Pédagogique au bon sens du terme, pas cette logorhée paternaliste usité par nos ânes de droite comme de gauche, comme ce c….. de X. Bertrand, un vrai scandale à l’intelligence sur pattes, ce mec…. sinon, pour ce qui est de l’expression « interimaire de l’intérieur » c’est tout à fait ça, et en plus çà a le mérite d’être parlant mais aux gros nazes qui ont opté pour « travailler plus, pour gagner plus » alors qu’ils sont déjà comme cela tenus en esclavage… triste… Sinon, une solution existe : toute simple! REFUSER!! le problème c’est juste une question de courage et de soutien extérieur. Histoire de ramener un peu de bon sens dans cette exploitation outrancière de l’homme qui le contraint à culpabiliser de n’être pas assez exploité en somme! un comble….

  7. « six mois de paroles vides » ? Certainement pas.
    Quand on parle de « grand plan contre la fraude aux prestations sociales », quand on parle de « révolution culturelle » pour les fonctionnaires, quand on parle d' »urgence nationale » pour la réforme de la fonction publique, il ne s’agit certainement pas de paroles vides, mais de matraquage médiatico-politique …

  8. “six mois de paroles vides”, etc. Il s’agissait d’une réponse à aliciabx. Pour les tracts et manifestations, il faut aussi garder un sens aux mots sinon on n’est pas plus crédible que ce gouvernement, en tout cas pour les gens qui réfléchissent et il serait dommage de se les aliéner.

  9. Bravo !!!
    C’est un peu ce qui se passe avec les caissières de super marché: salarié disponible via GSM, et pour l’étendre au reste de la population, c’est tout simple : libéraliser le temps de travail au niveau de l’entreprise ou de la branche: plus d’heures supplémentaire comme ça :o)
    Tu veux du taf, tu dois accepter 45 ou 50h par semaine.. et le salaire qu’on te donne, le stock de chômeur de 3 millions est là pour maintenir la pression.

  10. Article L.212-4-3 du Code du travail

    […]

    Le nombre d’heures complémentaires effectuées par un salarié à temps partiel au cours d’une même semaine ou d’un même mois ne peut être supérieur au dixième de la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail prévue dans son contrat.

    Les heures complémentaires ne peuvent avoir pour effet de porter la durée du travail effectuée par un salarié au niveau de la durée légale du travail ou à la durée fixée conventionnellement.

    […]

  11. @Agnès,

    Oui, si on peut dévier du sujet, 😉 tu fais une bonne remarque sur cet effacement ou cette absence de mémoire de l’Internet (c’est paradoxal car tout est en mémoire …). Il y a oubli, mais aussi morcellement du savoir. Inquiétant, mais aussi plein de possibilités. A condition de savoir faire, soi-même, la synthèse.

    Quand au billet lui-même, évidemment, on nage dans le plus fangeux des théories libérales. Mettre l’individu la tête sous l’eau pour qu’il soit forcé de produire un effort.
    Traduit en langage Christine Lagarde ça donne « le choc fiscal » (sauf que, pour les riches, le choc est à l’envers: on leur donne de l’argent pour qu’ils soient encore plus riches. Logique.)

    Pour rester « équilibré » (c’est le titre du blog!!!) 😉 je critiquerai:
    Tu dis: « Pour le salarié, franchement, je ne vois pas. Autonomie, retour à l’emploi, dignité de l’utilité retrouvée, sortir de la merde, ne plus être assisté… franchement, ça ne sert à rien de tout cela. Mais d’un autre côté, le choix est de plus en plus retreint : c’est ça ou le RMI. »

    Pour le salarié, travailler, quel que soit le salaire, c’est s’engager dans le chemin de l’espoir. Et si on se place du point de vue du pauvre bougre, on est onligé de convenir que ça colle…

  12. @ Éric : je maintiens! Il n’y a aucune dignité dans un salaire qui ne permet même pas de subvenir aux besoins les plus essentiels. C’est du bourrage de mou! Quand je vois des gars qui bossent et qui pointent dans les centres d’hébergement ou qui doivent choisir entre bouffer et payer le loyer, je dis qu’il faut arrêter avec le couplet du « travail qui rend libre« .

    De nombreux chômeurs reprennent un boulot en y perdant de l’argent! Quelle entreprise accepterait de bosser à perte? La rationalité économique n’est-elle bonne que pour le patronat? Je veux bien travailler pour vivre, et non vivre pour travailler. Si je travaille et que je ne peux pas vivre de mon salaire, c’est que l’on se fout de ma gueule!

    Or, nous sommes dans la logique de la déflation salariale : si tu perds du fric en reprenant un boulot, c’est que les minima sociaux sont trop élevés et qu’en sabrant encore plus, tu devrais être plus motivé pour aller trimer.
    Sauf que les minima sociaux sont déjà tous sous le seuil de pauvreté

  13. Cool…

    J’me réinterresse depuis peu aux classiques de l’économie et on est en plein dedans… Un peu comme on avait l’ennemi intérieur (l’etranger,…) on a maintenant l’intérimaire de l’intérieur…Inside men

  14. Bravo pour votre analyse. Vous avez tant de compliqments – mérités – que je me sens un peu géné -)))
    Je profite de votre analyse pour partager avec vous une idée que j’ai depuis un moment mais qui est difficile à faire passer.
    En fait, elle vient d’une lecture que je vous soumets : « Il y a de la part des organisations patronales mais aussi des responsables politiques, une dérive du débat. On est passé du thème travail au thème valeur travail. On comprend pourquoi: si c’est le travail lui-même qui est en cause, c’est la responsabilité de celui qui le définit et l’organise qui est interpellée; s’il s’agit de la valeur travail, la question est renvoyée aux individus qui en sont porteurs. Disserter sur la détérioration de la valeur travail, c’est considérer que ce sont les hommes qui ont changé et non le contexte ». Extrait de « La fatigue des élites, le capitalisme et ses cadres François Dupuy – la Républque des idées au Seuil.
    L’idée est donc de dire que nous nous trompons de combat en acceptant de nous battre sur le terrain choisi par le patronat mais que notre combat devrait consister à remettre le débat là où il doit se situer, c’est à dire mettre ceux qui définissent le travail devant leurs responsabilités. Par chantage, par mauvaise appréciation de la réalité, les salariés sont tombés dans un piège duquel ils leur sera très difficile de sortir.

  15. @Agnès,

    Oui, bien sûr!
    D’un point de vue humain, faire bosser le pauvre bougre pour pas un rond, c’est inacceptable. Mais qu’il se trouve des gens pour bosser à perte, cela reste un fait humain, qu’on ne peut balayer d’un revers de main (ce n’est pas ce que tu fais, bien sûr). Je veux dire, c’est quelque chose qui existe dans lma conscience de cette personne Et je ne nie pas que cette conscience est une fausse conscience, et qu’on bourre le mou, en quelque sorte, à cette personne! Mais c’est la même chose pour le cadre qui trime pour se payer des options hors de prix sur sa bagnole.

    Le travail est un fait humain qu’on ne doit envisager de façon globale. Après, il est bien certain qu’un boulot con et mal payé n’aide pas forcément le gugusse ou la nana qui s’y colle.
    🙂

  16. @flibustier : je suppose que votre message voudrait faire passer le message que ce qui est décrit ici n’est pas possible, car l’abus d’heures sup n’est pas possible ?
    Je peux vous dire, pour connaître des gens qui sont EXACTEMENT dans la même situation, l’une à IPSOS (ou IFOP, je sais jamais), l’autre à la Poste (oui, oui), que cela arrive très fréquemment…

    Il faut dire que les inspecteurs du travail ont un effectif en diminution, qu’ils ont + de paperasses à remplir qu’auparavant (moins de temps sur le terrain), et qu’en plus on leur met une pression pas possible pour s’intéresser surtout au travail pratiqué par les sans-papiers, alors que tout le monde (tout le monde !) sait que la plus grande triche en ce qui concerne le droit du travail vient des escroqueries aux heures sup.

    Merci à l’auteure pour ce billet. Un membre de ma famille qui bosse à Décathlon dans la direction sera surement ravi de le lire…

    Enfin je me permet une porpagande à temps partiel: mon parti politique, dont je tairai le nom pour ne pas faire de propagande à temps plein, a des propositions très concrètes pour transformer le temps partiel subi en temps partiel choisi : fiscalisation modulée du travail, salaire minimum absolu (66% du SMIC, quelle que soit la durée du contrat)… Il a été estimé dans ce programme qu’il n’existe PAS de temps partiel choisi inférieur à 17h hebdomadaire. Ca ne va surement pas assez loin et, de toute manière, personne ne fait confiance dans les partis politiques, mais je voulais au moins le mentionner.

    Merci encore pour ce billet bien construit.

  17. Flibustier, le L212-4-3 peut être contourné pour passer en annuel via la convention collective :

    Article L212-4-6

    Une convention ou un accord collectif étendu ou un accord d’entreprise ou d’établissement peut prévoir que la durée hebdomadaire ou mensuelle peut varier dans certaines limites sur tout ou partie de l’année à condition que, sur un an, la durée hebdomadaire ou mensuelle n’excède pas en moyenne la durée stipulée au contrat de travail. […]

    Sur le billet, au Royaume Uni le temps partiel touche 25% des employés contre 20% en France, et le temps partiel moyen est a 15.7 heure au Royaume Uni contre 23.2 heures en France. Le volume global d’heure travaillé est a peu pres identique en France et au Royaume Uni pour une population proche. On peut donc dire que la ou la France est passée au 35 heures, au Royaume Uni c’est plutot la semaine de 15 heures.

    On sait ou notre cher gouvernement veut aller …

    Sources :
    * http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/32h.htm
    * http://guerby.org/blog/index.php/2007/02/27/151-heures-travaillees

  18. @ flibustier …
    pour compléter, je dirais que l’on est dans le domaine de la théorie, c’est à dire des heures supp que l’on paye … mais combien restent non réclamées et impayées , pour ne pas risquer de déplaire au patron ? Dans des secteurs « out sourcés » entre autres …

    @ Laurent Guerby … au royaume uni, c’est souvent la semaine de 3, 4, ou 5 fois 15h … juste pour survivre …

  19. Excellent billet. Travaillant à La Poste (qui ne signe plus de CDI sauf décision de justice, ni de CDD car, justement, trop propice à la requalification), je suis témoin quotidien de l’exploitation « au sifflet » (avec le complaisance des syndicats « maison ») des travailleurs intérimaires (extérieurs, eux), aussi je suis obligé d’applaudir devant la démonstration.

    Pour revenir sur la critique intéressante d’Eric, à propos de l’extrait :
    “Pour le salarié, franchement, je ne vois pas. Autonomie, retour à l’emploi, dignité de l’utilité retrouvée, sortir de la merde, ne plus être assisté… franchement, ça ne sert à rien de tout cela. Mais d’un autre côté, le choix est de plus en plus retreint : c’est ça ou le RMI.”

    Je me permets d’abonder dans le sens d’Eric à quelques nuances prêts. L’acceptation un travail (ultra)précaire, équivalent voire inférieur au RMI, possède un avantage : passer de la catégorie du « mauvais » pauvre à celle du « bon » pauvre. Cette distinction ancestrale entre le chômeur invalide (handicapé, vieux, incapables, etc.) et le chômeur valide (forcément malhonnête puisque c’est bien connu : seuls ne travaillent pas ceux qui ne veulent pas travailler donc les paresseux) qui a conditonné toutes les politiques « d’assistance » depuis le Moyen-Age. Alors quel est l’avantage de changer de « catégorie »? Aucun sur le plan économique, mais énorme sur le plan social : ne plus avoir à être considéré comme une personne malhonnête vivant aux crochets des autres, être intégré à la « société salariale » (celle qui a détruit la logique de classe) en passant d’un système « d’assistance » (RMI, etc.) à un système « d’assurance » (Sécu, retraite, etc.)… bref, c’est uniquement une question sociale et morale mais Dieu sait que c’est ce genre de question qui nous conditionne tous (sinon à quoi ça servirait de s’acheter un 4×4 pour impressionner le voisin et sa BM?). C’est d’ailleurs sur ce genre de représentation qu’ont joué les candidats aux présidentielles… Là, j’enfonce une porte ouverte, voire je paraphrase le billet d’Agnès, mais je pense qu’il ne faut pas sous-estimer la pression sociale que subissent les chômeurs.

    En passant une petite anecdote sur la valeur rédemptrice du travail (pêchée dans le bouquin de Robert Castel, Les Métamorphoses de la question sociale) : au XIIIe siècle en Irlande, lors d’une grande famine, une dsitribution de pommes de terre fut organisée au profit des indigents (en l’occurence entre 1/3 et la 1/2 de la population). Mais, comme, déjà, on trouvait cela honteux d’assister ces feignants de crève-la-faim, il fut décidé qu’on les ferait travailler en échange. N’ayant aucun boulot à donner, on leur fit construire des tours en rase campagne. Comme les tours furent finies d’être construites avant la fin de la famine… elle furent détruites et prirent le nom de « tour de la famine »! Sympa, non? Autre anecdote : à Amsterdam (je me souviens plus exactement de l’époque mais c’est dans les mêmes eaux), on enfermait les « assistés » dans des caves qu’on remplissait d’eau… les chômeurs devaient alors passer leur journée à pomper l’eau pour ne pas finir noyer!
    Alors? A quand l’installation de ce genre de cave dans les ANPE?

    PS : première visite sur ce site et déjà je crois que je vais déposer mes valises…

  20. @Agnès et Eric
    merci pour vos échanges et merci à Didier pour son précieux apport. La question n’est effectivement pas de savoir si le travail rend libre ou non car il nous faudrait d’abord distinguer l’activité, le travail et le salariat.
    Etre dans un rapport de salariat où l’on se fait exploiter n’est jamais agréable et rarement épanouissant (y a des cas parce qu’il existe malgré tout des gens très très obéissants qui ont été élevés ainsi et on peut certes le regretter). Bref, vous avez saisi l’idée.
    Le travail – je n’ai pas une définition très référencée – mais ce pourrait être une activité utile à la collectivité par exemple. La plupart des gens que je connais ont besoin de travailler (même ceux qui disent qui ne travaillent pas car ils ne définissent pas leur activité comme un travail). Et ce besoin de travailler mène parfois à des situations d’exploitation consenties, d’autant plus que nous sommes la plupart du temps assez peu informés des droits existants et donc peu revendicatifs. Je ne pense pas que ce soit un problème de conscience, c’est un problème social : en vivant en société, l’humain a comme besoin essentiel de se sentir utile à l’ensemble. J’étais en train de me demander si je n’étais pas en train de fantasmer un humain qui n’existerait pas. Mais je base ce sentiment sur le fait que j’ai travaillé pendant des années avec des personnes dites « exclues », « désinsérées »… alors peut-être ce besoin d’être dans un ensemble se fait-il ressentir quand justement on vous pointe du doigt comme n’en faisant plus partie…
    je vous laisse poursuivre…

  21. Justine Taillemeu

    Les flux tendus, la GPAO, le juste-à-temps… ce n’est pas ça ! Tout du moins à l’origine.

    Le but était de connaître ce qu’il y avait en stock, de savoir ce dont il y aurait besoin (pour anticiper) en production, de concevoir (et d’investir dans) des machines qui ne mettraient pas des plombes à être mise en train et où le régleur ne devrait pas courir parce que ça immobilise la production… Bref, ça aurait dû apporter de la tranquillité d’esprit, et supprimer l’obligation de précipitation.

    Mais malheureusement comme souvent en France, nos dirigeants ont retenus le nom, le titre mais ont oublié le contenu, la méthode, l’idée ! Et au lieu d’appliquer cela à la production, ils appliquent cela aux employés ! Au lieu de contrôler la production, ils flicquent les salariés. Au lieu de faire du juste-à-temps, ils exigent aux salariés de courir…

    Bref, en France, c’est un peu du « Canada Dry »… ça a le nom, le titre, etc. mais ce n’en est pas ! Et c’est imbuvable.

  22. Pour préciser le propos de Justine :
    Les flux tendus sont faits surtout pour réduire les stocks. Car le stock, non seulement c’est un produit fabriqué mais pas encore vendu (c’est pas bien), mais ca coute (espace de stockage, gardiennage etc). Donc le flux tendus c’est betement de l’optimisation pour réduire ce stock (et donc ces couts) au minimum, sans tomber dans l’exces inverse de la rupture de stock, car alors le consommateur impatient va chez le concurrent.

    Donc etudes de variation de la consommation selon les periodes, les regions, l’age du capitaine, et adaptation de la production en consequence.

    Le probleme c’est effectivement que ce principe marche tres bien tant qu’on n’a pas besoin d’humains. Or il en faut, ne serait-ce que pour les vendre, ces produits. D’où le minimum vital de contrats fixes (pour couvrir les besoins constants), et le maximum de contrats précaires pour les périodes de rush. D’où un taux de chômage particulièrement bas en décembre…

    Si économiquement ce modele se tient a tres court terme (cad en considerant les personnes comme des machines), a long terme ca ne tient pas, mais ca certains dirigeants (je dis certains car les patrons intelligents ca existe encore et ils sont assez agacés quand on met tout le monde dans le même panier) ont du mal à le comprendre : qui dit flux tendu humain dit :
    – zero temps pour la formation : autrefois les vendeurs de chez Casto ou de la Fnac connaissaient leur métier. Aujourd’hui je connais le produit mieux qu’eux. Or un client bien conseillé est un client qui part avec parfois plus que ce qu’il avait prévu, et surtout c’est un client qui revient.

    – zero motivation : or la aussi, un client qui a eu affaire à un professionnel aimable reviendra plus que s’il a été recu comme un chien, surtout s’il a eu un produit en bon état. Mais si le produit est défectueux (car produit ou emballé par qqn de non motivé), et/ou vendu par qqn de malaimable et/ou incompétent, c’est un client de perdu.

    On ne peut en vouloir a l’employé de faire son travail à moitié s’il est payé à moitié pour le faire, et ne recoit aucune formation. Et ce n’est pas pour rien que les patrons abusant des contrats précaires (encore une fois ils sont minoritaires, meme s’ils brassent malheureusement bcp de monde) sont justement ceux d’entreprises ayant d’une certaine facon une position dominante sur le marché : quand le client n’a le choix qu’entre Casto et LM, qu’entre la Fnac et Virgin, qu’entre Decathlon et Go Sport, pourquoi faire des efforts ? Ceux qui ont voulu boycotter Danone en son temps ont pu voir combien c’était difficile : pas facile de trouver autre chose !

    ————————————————
    @Erick et Ticken : effectivement les chomeurs sont consideres comme des feignants qui vivent aux crochets des travailleurs. C’est un refrain qu’on va entendre de plus en plus, evitons justement de le propager encore plus. Si on se rappelait plutot qu’un chomeur est un ancien travailleur, qui a quotisé aux Assedic ? Cette cotisation fait partie des charges qui sont retirées de son salaire, l’indemnité qu’il recoit n’est donc pas une aumône mais un droit qu’il a gagné, et payé !

    Ensuite on essaye de nous faire croire qu’il vaut mieux gagner 300e en bossant 15h/semaine qu’en ne fichant rien. On oublie vite que ceux qui lancent cette rumeur sont des rentiers, ils savent donc de quoi ils parlent…

    La « valeur travail » qu’on nous serine est une faute de français : le travail a une valeur, il n’en est pas une. Les valeurs, ce sont l’honneteté, la probité, la générosité, l’entraide, des trucs comme ca. Le travail n’est pas une valeur. Et surement pas le travail rémunéré : on achete et vend le temps d’une personne et sa force de travail ou son intelligence, point. A l’autre bout, on vend et achete des produits ou des services, re-point. On essaye de nous faire avaler que le travail (à un bout) et la consommation (à l’autre bout) sont des valeurs, afin de porter une croissance brandie comme un épouvantail. Ce refrain hypnotique essaye de nous faire oublier que la consommation à l’excès épuise inutilement notre pauvre planète, et que le travail épuise le corps et l’esprit. On en oublie l’essentiel : vivre, tout simplement. Donc arrêtons de colporter ces mensonges, qui ne profitent qu’à une catégorie de personnes : celle qui n’aura JAMAIS besoin de travailler pour vivre…

  23. @ Léo :

    Loin de moi l’idée de colporter l’image du « chômeur-feignant », mon message avait plutôt pour but de la dénoncer (même si en la dénonçant j’admets qu’on contribue indirectement à la colporter). Ce que je voulais dire c’est que, selon moi, le travail est « créateur d’utilité sociale » et, de plus, il permet l’accès à un « statut » qui protège de la « désaffiliation », d’une sorte d’exclusion (là, je ne reprends que le postulat de R. Castel).

    Autre chose : devant la démonstration d’Agnès, on comprend d’autant plus « l’intérêt » de défiscaliser les heures supplémentaires.

  24. C’était déjà comme ça chez le concurrent Go Sport en 1996, des CDI à 15 h par semaine et chaque semaine un nouveau planning… Même pas moyen de cumuler avec un autre taf… La misère.

  25. Je vais ajouter mon couplet de louanges ! Au fait, belle arnaque que ce genre de CDI à temps très partiel, payé au niveau d’un RMI ou moins. Pour vivre, impossible de ne pas faire d’heures supplémentaires, ou d’enchaîner avec un autre emploi, payé lui aussi au lance-pierre…

  26. Ce billet et les commentaires sont stimulants, en particulier Stellou pour sa remarque sur la distinction activité – travail – salariat. J’ajouterai que chacune de ces notions peut recouvrir des formes différentes selon les contextes. Si on est OK pour lier travail, utilité sociale et dignité, merci de ne pas faire de condescendance envers celui (celles surtout) qui préfère être caissière ou femme de ménage plutôt qu’au RMI. Merci aussi de ne pas réduire le travail à l’épuisement du corps, de l’esprit et même de la planète ! Bref, on peut très bien faire une analyse critique du système sans être obligé de créer des catégories autant caricaturales que celles que nous infligent le discours dominants sur les chômeurs « paresseux » voire « tricheurs » et les « courageux qui se lèvent tôt ».
    Au début des années 80, avec quelques potes saisonniers des stations de sports d’hiver nous avions pensé créer un syndicat des travailleurs précaires. Nous avons reculé devant l’ampleur du projet et les menaces des syndicats existants de nous empêcher de participer à toute instance de négociation… J’ajoute que nous avions une position un peu iconoclaste car non misérabiliste, revendiquant en partie le droit de ne pas travailler à temps plein et toujours au même endroit, et n’étant pas par principe contre le travail du dimanche, de nuit, à temps partiel, etc, du moment que c’était conciliable avec des conditions de vie en termes de conditions de travail et de rémunération. En outre, nos luttes avaient souvent un air de fête (« nuits blanches des saisonniers » à Briançon) et nos grèves ne consistaient pas nécessairement à ne pas travailler mais parfois à nous organiser pour assurer le service comme on pensait qu’il fallait le faire, en professionnel, en gens de métier, avec le soutien des clients, et en court-circuitant le patron, jusqu’à le faire craquer. Très efficace. Bien entendu, nous avions conscience que le travail précaire subi était déjà important et qu’il allait se développer. Et même si nous avions plutôt choisi ce mode de vie, ce n’était pas une raison pour se faire exploiter, d’où nos actions et revendications et notre motivations de nous organiser collectivement avec tous les précaires, chômeurs inclus, pour créer le « syndicat des travailleurs précaires ». 25 ans plus tard, si ça intéresse d’autres gens qui sont fiers d’être travailleurs (parce que se sachant utile à la société), et qu’ils revendiquent de pouvoir assumer ce rôle sans se faire exploiter, même s’ils sont au chômage et/ou précaire, il y a peut-être encore quelque chose à faire, d’autant que beaucoup d’initiatives ont déjà vu le jour (intermittents, CPE…) ?

  27. Ce qui est bien avec les ressources humaines, c’est qu’il n’y a pas besoin de creuser pour la trouver. Le filon au plein jour et même, la matière qui vient d’elle-même se présenter à la porte quand on en a besoin.
    Plus que de besoin, c’est le top !
    🙂

    [Encore un bon article, m’énerve Agnès ! :-))) ].

  28. la France ….

  29. Et pour faire passer la pillule chez Decathlon, puisqu’ils sont cités, toute cette malléabilité de l’humain est noyée dans un « nous sommes tous potes » et des « nous sommes des passionnés de sport ». Manipulation de cerveaux sur moquette bleue…
    Support your local bici dealer !

  30. @Laurent

    Pourrais-tu expliquer comment le L212-4-3 peut être contourné en passant en annuel via la convention collective (Article L212-4-6) ?

    Je ne vois pas comment… voilà mon raisonnement (avec 10 % d’heures sup max) :
    52 semaines à 15h=780h ; 52 semaines à 15h+1h30 d’heures sup => 78 h sup
    26 semaines à 30h+3h sup ça fait toujours 78 h sup…

    Merci.

  31. Le juste à temps, le zéro stock, le zéro défaut, le zéro panne… cette belle mécanique fonctionne avec une belle fluidité tant que les salariés font tampon et écopent en continu avec une bonne dose de stress… ces salariés qui souffrent (voir http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/282483.FR.php )
    ont un pouvoir énorme : une semaine de grève massivement suivie désorganiserait tout l’édifice (effet de domino des sous-soustraitants aux sous traitants aux donneurs d’ordres etc). Mais voilà, les uns ont tout simplement besoin de bouffer, les autres remboursent leurs crédits immobiliers, leurs crédits bagnole … C’est une question de curseur à mon avis. Combien de temps peut on tenir collectivement en attendant un hypothétique zéro mépris

  32. Souvenez-vous qu’en son temps, la CGT considérait l’abolition du salariat comme un objectif !
    Je renvoie au commentaire de Leo.
    Et au bouquin magnifique, consultable en ligne, de Sagot-Duvauroux, là => http://www.emancipation-blog.net/

  33. Passionnant.
    Moi j’aimerais bien parler du portage salarial…
    Après un an de chomage, quinca vaillante inemployable, j’ai pris le taureau par les cornes et trouvé des trucs ponctuels intéressants à faire et rénumérateurs. Me sentant pas entrepreuneuse je me suis tournée vers le portage salarial pour garder quelque protection sociale. J’ai cotisé 15 mois aux Assedic en tant que « portée », précaire, consultante par intermittence, mais j’ai fait des heures, des tas de missions. Ca allait bien.
    Mais dans la foulée j’ai du prendre un an arrêt maladie pour un ptit cancer du sein dont je me relève. Je ne suis plus malade, mais je n’ai plus de boulot.
    Je me réinscris donc aux Assedic. Qui me jettent car elles considèrent que, n’ayant pas de « lien de surbordination » pendant ces 15 mois de salaire, pas de chef quoi, ou de patron, je suis de facto travailleur indépendant.
    Curieux car la sécu a considéré que j’étais une salariée lambda pendant mon arrêt maladie.
    JQuant aux Assedic je leur ai filé plein de sous pendant 15 mois et je suis de la baise. Bon je vais me battre bien sûr, mais…
    On est dans les limites du « salariat » là. Intellectuellement, philosophiquement, ce qui est reconnu par le code du travail c’est d’être en subordination.
    CQFD.

  34. Pingback: ….Section socialiste de l’île de Ré » Blog Archive » Le salarié au sifflet

  35. Pingback: Le Monde Citoyen » Archive » Pouvoir d’achat : la gueule de bois des ex-sarkozistes

  36. En lisant ce blog excellent de par son analyse, je me rends compte combien est grave encore aujourd’hui l’exploitation de l’Homme par l’Homme. Et depuis l’avènement du sieur Sarkozy au pouvoir (qu’il désire absolu), nous n’avons pas fini d’en découdre. Quand je dis nous, je pense aux petits, aux appauvris, à celles ou ceux qui vont le devenir (les classes moyennes par ex)bien que les statistiques tentent de nous prouver le contraire ; les retraités qui comme moi essaient de boucler leurs fins de mois qui se terminent généralement à partir du 15… ils rament, se privent, attendant de la société qu’elle ouvre enfin les yeux afin de ne plus convenir à ce qui est dit plus haut, que : » Par chantage, par mauvaise appréciation de la réalité, les salariés sont tombés dans un piège duquel ils leur sera très difficile de sortir »: parce qu’il faudra bien en sortir un jour ou l’autre de cette réalité ultralibérale qui nous méprise en nous divisant pour mieux régner ! Je ne suis pas économiste mais je peux dire que la précarité s’est bien installée et qu’elle n’a pas fini de gagner du terrain…

    Merci à vous.

    Samie Louve.

  37. Pingback: La précarité n’est pas vendeuse « Equilibre précaire

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