Traducteurs: les précaires du dictionnaire

Merci à Zgur, qui nous a signalé un article sur le blog de Pierre Assouline. Il y est question des traducteurs, « lesquels n’ont eu de cesse depuis des années de dénoncer la paupérisation de leur métier« , nous dit Pierre Assouline.

« L’ATLF (Association des traducteurs littéraires de France) a donc enquêté auprès de 166 traducteurs en juin dernier. A partir d’un échantillon de 415 contrats signés au cours de l’année 2006 pour des traductions en français, elle a pu établir et donc publier les tarifs pratiqués en moyenne dans l’édition (montants bruts en euros par feuillet de 25 lignes de 60 signes) » :

Anglais : 19 à 21,50 euros

Allemand/ Italien/ Espagnol : 21,50 à 22,50 euros

Autres langues : 21,50 à 23,50 euros

Du français vers autre langue : 26 à 28 euros. » (source)

« Traducteur, un métier précaire « 

Le Monde a publié un article sur le sujet: « Traducteur, un métier précaire » (13.09.2007)

On y apprend que la traduction littéraire est florissante (1/3 des romans lus en France sont étrangers) mais que les traducteurs sont précaires. Des aides publiques permettent de soutenir ces professionnels

« « La situation des traducteurs est tributaire du niveau de chômage chez les diplômés », observe M. Mannoni (président de l’ATLF). Plus celui-ci augmente, plus le marché se tend. Seul un quart de la production passe entre les mains des professionnels.

« Travailleurs indépendants »

Comme les auteurs, les traducteurs sont des travailleurs indépendants. Et, comme chez les premiers encore, on constate de grandes disparités financières. Parmi les traducteurs à plein temps, 19,4 % gagnent moins de 9 000 euros par an, 40,3 % entre 9 000 et 18 000 euros, 21 % entre 18 000 et 27 000 euros, enfin, 19,3 % touchent plus de 27 000 euros, selon Marie-Françoise Cachin. »

Vivre à la campagne

« Etant donné leurs niveaux de revenus et le prix élevé des loyers en centre-ville, beaucoup de traducteurs choisissent d’aller vivre à la campagne. L’amélioration des moyens de transmission à distance les y encourage, d’autant que le métier s’exerce à domicile. C’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que la profession se féminise : deux tiers des traducteurs sont des femmes, contre la moitié dans les années 1980.

Pas franchement rémunératrice, la traduction le serait encore moins sans le soutien des pouvoirs publics. Des langues étrangères vers le français, le Centre national du livre a ainsi attribué 338 aides à une centaine d’éditeurs pour un montant de 1,53 million d’euros, en 2006. A l’inverse, il a consacré 962 000 euros à la traduction de livres français dans d’autres langues. La subvention ne peut excéder 60 % du coût de la traduction. »

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7 réponses à “Traducteurs: les précaires du dictionnaire

  1. Je confirme. La situation du traducteur, surtout free-lance sans aucun doute, devient de plus en plus intenable. Je ne compte plus non plus le nombre de propositions pour lesquels nous devons faire des « tests », et où il devient clair que le donneur d’ordre impose des « tests » différents à différents candidats, se moquant peu d’avoir en fin de compte un « patchwork » de traduction, qu’il a obtenues à l’oeil…

    L’article de Monsieur Assouline concernait essentiellement les traducteurs littéraires je crois. Pour les traductions techniques, le revenu est encore inférieur. La compétition est énorme, surtout quand on travaille online, et que nos confrères de pays où le loyer et l’electricité ne sont pas aussi élevés, font des tarifs battant tous les records (à la baisse).

  2. tout à fait d’accord!
    mal payé par rapport à la somme de boulot que représente une traduction, payé longtemps après (en Italie au moins 3 mois);
    de plus les traductions techniques sont longues, difficiles quand elles sont très spécialisées, et ennuyeuses, mais ennuyeuses…..

    et pour avoir des traductions littéraires il faut être bien introduit dans le milieu.

    j’en fais très peu (c’est à dire que je n’en fais plus) car j’ai la ressource de l’enseignement (que je pratique aussi de façon précaire en Italie, mais c’est un choix)

  3. @Céleste,

    Et j’ai cru voir qu’en Italie les traducteurs avaient des conditions assez difficiles.

  4. La situation du traducteur a toujours été malheureusement précaire, personne n’ a songé à l’améliorer : contraintes de tous ordres : délais, déplacements, concurrence, dictats des entreprises et rénumérations souvent juste au smic. On croit rêver, mais il faut le dénoncer. C’est souvent le cas même en traduction technique (mon cas). On nous préfère aussi des personnes de langue maternelle anglaise, ce qui est aberrant car souvent ces personnes parlent très mal le français et débarquent en technique. Je l’ai vu dans une grosse boîte d’aéronautique !!!

  5. @frenchclassicboy,

    Oui, effectivement, ce qui compte dans la traduction, c’est quand même la langue d’arrivée. Même en traduction technique, j’imagine. Le texte doit être lisible et même agréable.
    Une grosse boîte d’aéronautique? Je me demande laquelle…

  6. Pingback: Comment ne pas vivre de sa plume : les écrivains précaires « Equilibre précaire

  7. Pingback: Pierre Assouline dénonce une offre d’emploi sous payé pour un traducteur « Equilibre précaire

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