La précarité se banalise

(Eric M.)

La précarité est de plus en plus répandue. Autrefois exception, elle devient « un régime régulier de l’organisation du travail« , écrit Robert Castel.

Comme l’écrit le sociologue « il est peut-être temps aujourd’hui de commencer à repenser la précarité. On a eu souvent tendance à se la représenter comme une situation atypique, plus ou moins marginale par rapport au marché régulier du travail, et le plus souvent provisoire. La précarité serait alors une étape dans un parcours professionnel. Mais si elle était en train de devenir un état ? Elle devient un régime de croisière, ou une condition permanente, ou un registre « régulier » de l’organisation du travail. « 

Selon François Schreuer « De très nombreuses situations individuelles, depuis celles des « intellos précaires », disposant d’un important bagage culturel et symbolique — chercheurs, pigistes, artistes, stagiaires,… qui, contre les idées reçues, galèrent malgré leurs diplômes ou leurs réseaux sociaux très étendus — jusqu’à celles des migrants « illégaux » dont les conditions de vie sont fréquemment dignes de celles du sous-prolétariat du XIXe siècle, voire confinent à l’esclavage, en passant par des très nombreuses situations intermédiaires : étudiants, employés de fast-foods, chômeurs, travailleurs intérimaires, flexibles, temporaires, dont un certain nombre sont des working poors, et jusqu’à tous ceux qui, malgré un « bon » emploi sont incapables de trouver un logement,…, (dans la revue Politique).

Lire aussi:

Et maintenant le précariat, Robert Castel.

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5 réponses à “La précarité se banalise

  1. D’où la nécessité d’apprendre le métier de chercheur d’emploi…

  2. On peut être cadre supérieur et précaire: c’est ainsi que j’ai découvert la précarité en SSII avec CDD a 4K€ brut mensuel de 3 Mois reconduit sous la pression du donneur d’ordre ( les congés après bien sûr…) et promesse de CDI bidon chez le donneur d’ordre pour me faire travailler plus. Et notez l’apparition d’agences d’interim Hi-tech et spécialisées dans les Ntic pour ingénieurs, consultants. Ca aussi c’est un signe du passage de la précarité dans l’habitude.
    Et même à ce tarif là, changer de logement, c’est le refus des agences et de 90% des propriétaires. Bien sûr on a le confort du salaire, mais tous les 3 mois c’est le même stress qui retombe sur les amis, la depression qui revient, la difficulté à gérer les difficultés ou réussites au travail: on se demande toujours si la remarque positive du donneur d’ordre qui se confond avec l’employeur ( délit pénal de pret de main d’oeuvre à but lucratif). Tout cela conduit à l’impossibilité de faire tout projet d’avenir : quitter le taudis, partir en congés en hiver ( tous les CDI insiders avaient le droit). Subir la cantine de l’entreprise 2 fois plus chère, la pression sur les horaires du matin quand les autres partent plus tôt le soir… Constater que dans certains services stratégiques, des postes sont occupés par des interimaires, CDD, prestataires et que les insiders sont des chefs fainénants, cadres incompétents.
    Dans certains cas, 75% d’un service pouvait être constitué d’intérimaires reconduit à la semaine. Pourtant il assurait l’information directe de milliers de clients ou des services essentiels. Je ne citerai pas le nom de l’entreprise, mais c’est un acteur majeur des télécoms grand générateur de précarité au final.

    Je n’ose pas imaginer la situation de ceux qui sont précaires avec maigre salaire, ça doit être pire encore.

  3. C’est justement ce qu’il faut réussir à dire [tiens, au-dessus de moi, j’ai un A380 qui vient de froler l’antenne télé !], cette banalité installé et normalisé.
    A la limite, on peut bien comprendre que si beaucoup trop sont descendus jusqu’au RMI, ceux qui étaient juste au-dessus, sont bien descendus aussi…
    🙂
    [Ca va l’avion ne s’est pas écrasé !]

  4. bah … on a commencé par externaliser les femmes de ménage … dans l’indifférence la plus totale …
    et le pire c’est que c’est totalement absurde sur un plan rationnel …
    mais le monde de l’entreprise et la rationnalité …

  5. @Dagrouik,

    Oui et je soulignerai les implications sur l’ambiance de boulot. C’est totalement pourri, impossible, quand tu sais que tu bosses avec « des chefs fainénants, cadres incompétents »… Et eux le savent, alors ils t’emmerdent…

    Bref, on néglige totalement l’aspect humain, le travail d’équipe.

    Sur le recours à l’intérim:

    http://www.lefigaro.fr/economie/20070615.FIG000000066_l_interim_dope_les_creations_d_emplois_au_er_trimestre.html

    @Filaplomb,

    Oui, la banalité et le silence, le non dit.

    @les marques,

    D’accord! Il y a une absurdité…

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