Tu seras un gagnant, mon fils

(Fanette)

On est dans une société de gagnants, les perdants restent sur la touche « à vie ». Ca se vérifie partout dans la société, et surtout dans l’emploi, pis à l’école primaire voire plus…

Qu’est ce qui va faire sortir du lot tel ou tel candidat dans un entretien d’embauche ?

Quel est le caïd de l’école de votre enfant ?

Quel est le surdoué qui raffle toutes les bonnes notes ?

Quel employé recevra les honneurs de son patron, quel est celui qui sera le mieux récompensé et augmenté ?

Ca commence déjà à l’école. On formate des gamins à devenir des enfoirés de service. On copie le modèle chinois malgré nous, on veut formater les gamins pour en faire des leaders. Pourquoi le soutien scolaire a autant de succès aujourd’hui ?

L’enfant n’a plus d’enfance : il se sent obligé de par la pression que lui infligent ses parents et de la société sans compter l’Education nationale. Il n’a pas le droit à l’échec. C’est stupide car l’échec fait partie du développement de sa personnalité.
L’échec ne fait pas partie du vocabulaire français depuis X années. Tu n’as plus le droit d’être chômeur, maman, enceinte, être mère ou père au foyer.

Quel est la caricature du « bon français »actuellement ? C’est le couple cadres trentenaires, 3 enfants élevés par une nounou, bossant jusqu’à pas d’heures, propriétaires, consommateurs et titulaires d’un 4X4… Je ne suis pas loin même si c’est un peu exagéré.

 

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18 réponses à “Tu seras un gagnant, mon fils

  1. C’est exactement ça !!!! Il n’y a plus d’enfance , ni plus de vieux ou alors , les plus jeunes d’entre eux , ceux -là là parce qu’il peuvent rendre service , et
    s’il peuvent léguer avant l’heure , c’est encore mieux.. Les autres , à la maison de retraite .. Et qu’il disparaissent de notre conscience !!!!
    A une petite exception près , les surdoués n’ont pas toujours la côte ..Ils sont , justement trop doués et ça dérange ceux qui le sont moins mais dont les parents sont à bichonner plus que tout … Lèche-bottes obligent.. Ou bien ils sont tellement conscients de l’injustice qu’ils n’ont plus envie de faire partie du système…Cela les stress en profondeur… J’en ai croisé quelques uns..

  2. Mon grand père s’amusait avec moi à jouer aux dames à « qui perd gagne ». L’objectif étant de se faire prendre le maximum de pions dans le minimum de temps. Je trouvais ça très drôle (aujourd’hui, je sais plus très bien pourquoi).

    Il me semble que ceux qui se laissent prendre au jeu des « winners » jouent à qui gagne perd.

    L’important, c’est répondre, au jour le jour, à ces deux questions: on gagne quoi? On perd quoi?

  3. Je te rejoins tout à fait sur la valeur de l’échec : un échec a toujours quelque chose de positif, dans ce qu’il nous apprend sur ce qui s’est passé, sur ce qu’on peut changer dans la vie.
    Je dirais même plus : souvent, quand on parle d’échec, emploie-ton le bon mot ? qu’est ce qui nous dit que ce qui parait être, aux yeux de cette société de « clinquant » perpétuel , un échec, en soit un en réalité ?
    Un exemple : quelqu’un ne réussit pas à un poste de travail à rsponsablilités qu’on lui a confié comme il devrait, il est « sur la touche », il est « très mal vu », et risque la porte.
    Mais si son « échec » est dû au fait qu’il n’a pas réussi à faire comme les autres : faire des crasses aux collègues, faire bosser les subordonnés comme des esclaves, détourner de l’argent de l’entreprise par des moyens occultes et pas très légaux, j’en passe surement, ce sont des exemples, et que ça lui retombe sur le nez, c’est un soi-disant « échec », mais pour moi, c’est une marque d’honneteté et d’humanité précieuse et rare.
    On ne peut pas juger sur l’extérieur.
    Tout le monde n’est pas prêt à perdre son âme pour « réussir »…

  4. découverte de l’eau tiède. Il faut appartenir à certaines catégories sociales (favorisées) pour savoir que ce « dressage » n’a pas d’âge. Et qu’il s’accorde très bien avec les écoles d’élite à la française. Après on peut le déplorer, mais le découvrir en 2007…

  5. Certes ça a toujours existé, on est bien d’accord, mais ce phénomène tend à s’amplifier, demande aux instits dans les écoles primaires !

  6. Si tu savais le nombre d’enfants adressés en pédo-psychiatrie pour difficultés scolaires avec parents qui s’angoissent!!
    ils vont nettement mieux en été…
    là aussi,l’équilibre est précaire!

    tu as 100% raison, nos enfants n’ont plus droit à l’échec, quelle pression!

  7. Le bête 4×4 est dépassé, j ai vu mon premier HUMMER en vrai samedi soir: un 4×4 gros comme un autocar, deux pots d’échappement pour emettre plus de pollution.
    Paris est bien une ville de WINNER
    Aujourd’hui les lycéens ont eu leur premiere leçon institutionnelle de sacrifice au capitalisme et la patrie du MEDEF, en utilisant la lettre d’un pauvre gosse exécuté par les nazis qui croyait en la possibilité d’un monde plus fraternel.
    C’est écoeurant !

  8. On veut que nos enfants réussissent par eux-même. C’est une sorte de piège dialectique d’une forme toute présidentielle : comment ? vous êtes contre la recherche de la réussite ? c’est donc que vous voulez voir vos enfants n’être rien, nivelés par le bas, perdants permanents…
    Non, on peut sortir de ce piège.
    Apprendre pour soi-même et pour ses proches qu’on arrive à rien seul, que la vraie réussite passe par l’adhésion des autres, et que se voir dans une lutte permanente ne fabriquera que des perdants.
    Le vrai échec, le seul, c’est de ne pas avoir su bien s’entourer.

  9. @Don Lorenjy,

    Oui, c’est très juste. Tu as raison de souligner que c’est un piège dialiectique simpliste dans lequel beaucoup de gens tombent…

    Face à cela, il ne s’agit bien sûr pas de vanter les « ratés » ou l’échec. Mais il s’agit d’apprendre la pensée complexe. Et, d’abord, commencer par ce demander qu’est-ce que réussir? Pourquoi réussir socialement à tout prix?

  10. les enfants qui réussissent le mieux sont ceux qui n’ont pas de pression
    faut pas dire n’importe quoi non plus
    justement ce sont ceux qui ont eu le temps de jouer (et pas sur l’ordi ou la playstation , ni devant la télé) , de vrais jeux , le temps aussi de s’ennuyer et de ne rien faire , celui où l’on crée ; ceux qui ont découvert par eux-même que faire bien , pour soi-même c’est ce qu’il y a de mieux , pas seulement pour papa maman , ni pour briller;juste pour se satisfaction personnelle; jamais au détriment des autres parce que les autres , on apprend à les aider aussi , lorsque c’est possible et puis les uatres peuvent aussi vous aider
    bien souvent la pression sur les enfants vient de l’angoisse des parents

  11. « bien souvent la pression sur les enfants vient de l’angoisse des parents »
    Certes, et cela se vérifie souvent.
    L’angoisse des parents n’en est pas moins réelle. Nombreux sont ceux qui se sentent de plus en plus seuls dans une compétition où tout « autre » est un adversaire.
    J’ai souvent entendu Albert Jacquard parler de sport coopératif plutôt que compétitif. Applicable partout ? Notre société deviendrait alors un formidable terrain de jeu… si l’on avait le courage de se tourner vers les autres pour demander leur aide, même sans rien avoir (de marchandable) à donner en échange.

  12. @Don Lorenjy,

    « Notre société deviendrait alors un formidable terrain de jeu… si l’on avait le courage de se tourner vers les autres pour demander leur aide, même sans rien avoir (de marchandable) à donner en échange. »

    Et pourquoi ne pas dire plutôt « pour leur offrir notre aide sans rien avoir à recevoir en échange »?
    Si l’on ne commence pas, soi-même, par avoir une approche désintéressée, il est difficile de demander à ce que les autres l’aient.

    Mais, il est vrai, je suis d’accord avec toi, il faudrait plus valoriser la « non compétition » et la coopération entre les enfants. Au final, il y a peut-être à gagner à être un « winner » mais il y a aussi beaucoup à perdre en terme de construction de la personnalité.

  13. @Don Lorenjy
    d’accord avec le sport coopératif
    il existe des jeux de société pour enfants qui font exactement cela
    tous ensemble vers un même but
    qui n’est pas un participant mais « une quête »
    je connais des enfants qui en classe sont appelés « éléments moteurs »
    il ne font rien pour
    juste ils sont excellents élèves et ils aident les autres dans leur temps mort en classe , et ils insufflent un état d’esprit positif , par leur camaraderie et par une attitude qui n’est jamais compétitive !
    on ne va tout de même pas leur demander de devenir mauvais !
    ça n’aurait aucun sens

  14. waw, cet article me parle, et vos commentaires encore plus…
    Ex winneuse devenue loseuse, confrontée sans cesse à l’angoisse des parents (l’âge ne fait rien à l’affaire, ils ne seront pas tranquilles tant que je n’aurai pas une maison ,un mari des enfants, et un boulot qui m’assure une bonne retraite…) je sais que j’aimerais explorer d’autres pistes, mais le carcan de la « winner attitude » me mine de l’intérieur.
    Si tu n’es pas un winner, tu es un loseur. Ca décourage parfois les bons élèves, de se voir haïs d’être bons, ou pour le moins enviés; s’ils voient que leur réussite amène d’autres à se dévaloriser ou à se décourager, ça ne leur donne plus envie de se dépasser… (et oui, c’est du vécu)
    Alors qui si tout le monde voit ça comme un élément moteur, la motivation reste, et le bon élève se fait un plaisir d’être moteur.

  15. Eric a raison, bien sûr.
    Mais le plus difficile n’est pas d’offrir lorsqu’on a. C’est de demander quand on à rien.
    Et les « perdants » de notre compétition actuelle n’ont même plus le sentiment de mériter l’aide simplement parce qu’ils sont humains.

  16. l’education pour moi c’est pour tous mais les parent doivent pas etre sever avec ces parent car si par exemple on fait une bitise c’est de la maman ou le papa de parler avec son fiils pour ne pas recommencet le faute c’est la raison

  17. sa fait mal à entendre , seulement on est des milliers à vouloir t’elle chose d’arache pied qu’on ne sait plus vraiment quoi entreprendre , que ce soit manuel , intellectuel, ou meme une création artistique .

    c’est très fatalitère , ou tu mérite t’est études et les profésseurs t’encourage à suivre un long cursus universitaire d’étude supérieur selon ta personnalité sans suivi réel.

    ou t’oriente selon les demandes requise des secteurs primaires, secondaire ou tertiaire . A moins d’etre suffisament fort(e) pour trouver the best patch. et tout cela dépend vraiment de l’environnement de ton vécu.

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