Pierre Assouline dénonce une offre d’emploi sous payé pour un traducteur

Zgur nous envoie un lien vers le blog de Pierre Assouline. Nous avions déjà parlé d’un cas similaire présenté par Pierre Assouline. Après la publication de ce billet, l’ANPE a retiré cette annonce. Voici le billet en question:

Lisez attentivement cette offre d’emploi No 595453L actuellement en ligne sur le site de l’ANPE, proposant 13 euros de l’heure pour traduire un roman du français en arabe, effectuer les tâches ménagères sans oublier de faire les courses, et vous comprendrez pourquoi Olivier Mannoni, président de l’ATLF (Association des traducteurs littéraires de France), a écrit le 23 novembre à l’Agence nationale pour l’emploi pour lui demander de la retirer tant son association la juge insultante pour la profession :”Pratiquée par plusieurs centaines de traducteurs littéraires qualifiés, diplômés, universitaires, (celle-ci) exige de très hautes compétences dans le domaine des langues étrangères et dans la maîtrise de la langue française. Il est insupportable qu’elle soit reléguée au rang d’esclave à domicile, chargé de traduire les oeuvres du maître et de repasser ses chaussettes.” Faudra-t-il le leur traduire pour qu’ils comprennent ce qu’une telle annonce peut avoir d’humiliant pour qui vit de ses traductions ?

P.S. du lundi 26 : A la suite de cette réaction, l’ANPE en a convenu et a retiré l’annonce.

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7 réponses à “Pierre Assouline dénonce une offre d’emploi sous payé pour un traducteur

  1. pendant ma première période de chômage en 2004 donc, j’avais répondu a une annonce sur le site de l’APEC : Recrutement d’un consultant MOA dans le domaine du service client.

    Bref ce que je venais de faire pour Wanadoo pendant 2 ans. J’ai répondu à l’annonce, envoyé mon CV, ma lettre de motivation par mail. En retour j’ai reçu un document word à compléter et on me prévenait que j’aurai 2 ou 3 jours à fournir comme « entretien ».
    Le document word me demandait tout simplement de décrire mes méthodes de travail, outils, usage des outils, méthodologie, type de données à utiliser, façon de procéder à des audits, analyse des process métiers..

    Tout cela gratuitement bien sûr ! On me demandait donc de travailler gratuitement pendant quelques jours. J’ai dénoncé l’annonce par courrier au directeur de l’APEC. Celui ci m’a alors répondu que je n’étais pas obligé de répondre aux annonces!

  2. oui evidemment, cette annonce est scandaleuse… cela dit je me demande si quelqu’un n’aurait pas été interessé quand même et se contrefout de ce que peuvent en penser les gens qui gagnent bien leur vie… enfin, moi je dis ça, je dis rien^^

  3. Un commentaire a été supprimé car il contenait des allusions injurieuses.

  4. « je me demande si quelqu’un n’aurait pas été interessé quand même »:

    Mais bien sûr, Nea, que quelqu’un aurait pu être « intéressé quand même ». Notre société est tellement effondrée dans la misère (les restos du coeur en savent quelque chose) que c’est ça qu’on répète à longueur de journée à celui qui ose se plaindre (yen a 10, 100, 1000, qui attendent à la porte). Et, en travaillant au noir, on peut descendre encore plus bas, à tous les sens du terme.

    Toujours plus pour les uns, toujours plus bas pour les autres. Les misérables petites digues que des générations de travailleurs ont édifiées à grand peine pour se prémunir contre la voracité des dominants se fissurent les unes après les autres. Travail de sape souterrain et permanent, et on nous fait croire que c’est la fatalité.

  5. Ce qui touche aux métiers de l’écrit (écrivain ? un métier ? allons donc…) est une belle illustration – voire préfiguration – de la précarisation due à la stricte application des lois d’offre et de demande.
    Si cinquante traducteurs sont disponibles pour faire ce boulot, il y en aura bien un qui finira par prendre le boulot à 13 euros de l’heure. Si deux millions d’écrivaillons envoient leur manuscrit aux éditeurs, ceux-ci peuvent se permettre d’en publier 700 à chaque rentrée sans trop se poser la question du « de quoi vivront-ils ».
    Mais surtout, cela incite à s’interroger sur la qualité du travail. Il ne s’agit pas de dire que la traduction à 13 euros de l’heure est moins bonne que celle à 15 euros. Ou que le manuscrit lambda est pire que le lambda prime. Il y a cependant une certaine légitimité à se demander si cette pléthore d’offre est bien justifiée.
    Comment ?! Des gens travailleraient mal ?! Ben oui… Et il vaudrait mieux qu’ils fassent autre chose, plutôt qu’être mal payés à mal faire.
    Ouais, je sais, facile à dire. Je parlais juste des milieux « littéraires » et on ne peut pas étendre cette situation à tout le monde du travail… mais quand même…

  6. quand l’anpe joue les négriers ! Mais quelle honte !

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