Des droits continus pour les travailleurs précaires

Cet entretien est un peu ardu. Pourtant il mérite qu’on s’y attarde. Il fait le point sur les différentes solutions pour assurer une continuité des droits pour les travailleurs précaires.
Extrait:
« Depuis longtemps, les associations de chômeurs ont pris l’habitude de travailler avec le mouvement des intermittents du spectacle, et ils manifestent régulièrement ensemble devant l’UNEDIC ou le MEDEF lors des réunions concernant les réformes successives qui ont touché l’assurance-chômage, et les annexes 8 et 10. Certes les chômeurs, malgré leur nombre, restent isolés et n’ont pas la capacité de blocage qui est celle des intermittents, et c’est bien dommage. Mais chômeurs et intermittents se retrouvent pour dénoncer une dégradation continue de l’indemnisation du chômage et de la précarité, au nom du fameux déficit de l’UNEDIC (organisé par la baisse des cotisations patronales) : moins de la moitié des chômeurs recensés sont indemnisés, et pour des durées de plus en plus courtes ; les autres soit basculent au RMI ou à l’ASS (allocation spécifique de solidarité), aux montants très faibles ; soit ne touchent strictement rien. De plus en plus d’intermittents sont au RMI (quand ils y ont droit). Sur le marché du travail, c’est la flexibilité du travail qui est la règle, les CDD représentent 80 % des embauches pour une durée moyenne d’un mois et demi, de plus en plus de gens, notamment les jeunes et les femmes, passent de l’emploi précaire au chômage mal ou non indemnisé sans pouvoir faire de projets ni voir se dessiner un avenir. C’est cette solidarité dans la précarité qui unit chômeurs et intermittents Elle concerne aussi tous les précaires. Ceux-ci sont très mal organisés et défendus, tant ils passent d’une entreprise à l’autre, et ils se syndiquent peu. Les stagiaires se sont donné un mouvement, Génération précaire, pour dénoncer les stages à répétition non rémunérés qui se substituent à de vrais emplois. Stop-précarité, qui regroupe depuis 2001 des salariés précaires, s’est aussi joint au groupe de réflexion créé en avril dernier, ainsi que le Collectif national pour les droits des femmes, car la précarité est d’abord féminine (80 % des travailleurs à temps partiel sont des femmes, qui forment les gros bataillons des travailleurs pauvres). Act Up nous a également rejoints.
L’idée de créer un groupe de travail unitaire est née du constat que divers syndicats élaboraient des propositions de sécurité sociale professionnelle ou de nouveau statut du salarié, mais sans les populariser vraiment, et que les chômeurs, mais aussi les intermittents, les précaires, devaient se positionner sur ces propositions, et d’abord mieux les connaître, pour pouvoir éventuellement les critiquer ou les améliorer. Aussi les premières réunions ont-elles été consacrées à entendre les syndicats exposer leurs propositions. Solidaires est venu exposer son « nouveau statut du salarié », la CGT son projet de « sécurité sociale professionnelle », la CFTC son nouveau « statut du travailleur ». Notre souci principal était que ces systèmes de garantie ne soient pas limités aux salariés licenciés, mais ouverts à tous, primo-demandeurs d’emploi, chômeurs, salariés devant démissionner… et même à des non-salariés. Nous avons débattu des avancées que constituaient ces propositions, mais aussi de leurs limites éventuelles.
Nous avons alors élaboré notre propre plate-forme revendicative en tenant compte de ces différentes propositions. Nous avons choisi de baptiser notre revendication « statut de vie sociale et professionnelle » pour bien marquer qu’il ne devait pas être trop étroitement articulé au travail salarié.
Les divergences qui peuvent exister entre nous, notamment sur le niveau du revenu garanti, ou sur la place des associations de chômeurs par rapport à la gestion du fonds interprofessionnel et mutualisé qui assurerait ce statut de vie sociale et professionnelle, ont pu être surmontées dans un esprit de consensus. La plate-forme a également été signée par l’Union syndicale Solidaires, et par la Confédération paysanne. Elle a été présentée à la presse le 25 septembre dernier, peu avant l’ouverture de négociations entre partenaires sociaux sur la remise à plat de l’assurance-chômage. Nous demandons en effet à être entendus et associés lors de ces négociations. La CGT, si elle ne signe pas, soutient nos revendications et en fera état lors de l’ouverture de ces négociations. »
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