Archives mensuelles : mai 2008

Portraits de la France qui se lève tôt (1)

Aujourd’hui, je reprends un billet de Gaël.

« J’y vais chérie ! »

« Déjà ?! Mais il est 5 heures ! Le magasin n’ouvre qu’à 9 heures et d’habitude tu pars plus tard… »

« Ben aujourd’hui, c’est le jour des poubelles ! Et Josy m’a demandé d’être là. Elle dit que qu’elle ne veut plus le faire toute seule, qu’elle a la trouille. »

« La trouille ?! Mais de quoi ? »

« Justement, c’est pour ça qu’il faut que j’y sois. Moi non plus je ne comprends pas : ça fait 10 ans qu’elle sort les poubelles avant l’ouverture, mais là elle ne veut plus. Elle menace même de s’en aller ! Donc j’y vais. »

« Bonne journée quand même ! » cria Justine, mais déjà les pas de Christian faisaient crisser le gravier de l’allée. Elle entendit la portière claquer, le moteur démarrer puis plus rien. Il était 5 heures 5 et du coup elle était complètement réveillée.

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Nouvelles règles chômage : la paupérisation possible ?

Ronald explique très bien comment risquent de fonctionner de fonctionner les nouvelles règles du chômage. Les efforts portant essentiellement sur les individus, l’employé précaire, qui alterne CDD et périodes de chômages, est entraîné, progressivement, vers la paupérisation. Une démonstration remaquable à lire sur Intox2007.

Mais qui va conduire le camion?

« Alors, qui va conduire la camionnette? »

Gérard se tourne vers vers les deux vacataires. Ils le regardent les bras pendants.

Stéphane, le plus jeune des deux, répond:

_ Tu sais, Gérard, j’ai une Twingo et je ne conduits qu’en campagne. Un utilitaire, c’est un peu gros pour moi.

_ Mais, tu sais tu n’auras que deux bornes à faire. C’est la porte d’à côté.

_ Oui, mais, je n’ai pas l’habitude de conduire ce genre d’engin.

Gérard est embêté. La personne qui devait conduire la camionnette est absente. Et, pour lui, impossible de mettre les employés en CDI sur le coup. Pas fous: ils peuvent refuser, eux.

Martial, le deuxième vacataire a refusé. Un peu plus âgé que Stéphane, il n’a pas envie de prendre le risque de conduire un bahut dans Paris. Quid de l’assurance? Et puis, ne serait-ce que pour le plaisir de dire non, d’exercer sa liberté une fois de plus, il a dit non tout de suite.

Il est employé pour une journée. On lui a dit qu’il ferait un peu de manutention, pas qu’il conduirait un bahut.

Gérard est un malin. Et un obstiné aussi. Il tente de convaincre Stéphane. Il lui répète qu’il n’y a aucun risque, que le camion se conduit d’un doigt, qu’on ne prendra que des avenues, etc.

On fait intervenir une autre personne. Elle confirme que c’est facile de conduire cette camionnette. Mais qu’elle n’a pas le temps de le conduire.

Un autre permanent a l’habitude de conduire. Mais il est hors de question qu’il le fasse. Il a autre chose à faire.

Finalement, Stéphane finit par accepter. Sans qu’on sache trop pourquoi. Peut-être, à force de répéter: « Allez, tu veux bien? » il en a eu marre?

Avant qu’il dise « oui », Martial a saisi le plan sur le bureau de Gérard. Ce geste a eu pour effet de faire fléchir Stéphane. Comme lorsque des personnes sont attablées depuis trop longtemps et qu’une d’elles tape doucement sur la table en murmurant « bon, je dois y aller ». Cela a pour effet d’entraîner le départ de toutes les personnes.

Il suffit de les pousser un peu. Les vacataires peuvent tout faire…