Précarité: témoignages dans Le Monde

Zaites des études… c’est bien ça qu’on nous disait ? par Amandine
J’ai une licence et ça fait plus d’un an que je suis en interim. Effectivement, je trouve toujours rapidement du travail mais uniquement parce que je prends toutes les missions que l’on me propose, je change d’entreprise environ tous les trois mois avec une coupure d’un mois. Je ne sais jamais où je serais le lendemain, je n’ai pas de vacances. A l’heure actuelle, j’ai un petit peu plus du smic, autant dire rien et une fois toutes mes factures payées il ne me reste que 150 euros pour manger, sortir et m’habiller. Autant dire qu’avec ça adieu l’argent de côté, les vacances, tout ce qui peut avoir un lien avec le plaisir… On travaille pour survivre et non pour vivre… c’est pas ça la vie. Faites des études… c’est bien ça qu’on nous disait ?

  • Deux emplois à temps partiel, par Carole Bisot

Je suis obligee de cumuler deux temps partiels pour pouvoir vivre. J’ai la chance d’avoir une hierarchie comprenant ma situation et qui me laisse des libertes au niveau de mes horaires mais cela n’aurait pas été possible dans toutes les entreprises. Le fait de cumuler deux emplois génère beaucoup de stress et demande une organisation irréprochable. Il est dommage de devoir en arriver là : je ne gagne que 1200 euros alors que je fais 40 h par semaine.

  • On aimerait vous garder, mais on n’embauche pas en ce moment,, par Sandra

Ma vie professionnelle a commencé en 2000. J’étais alors BTS en alternance. J’étais à l’époque convaincue qu’un diplome Bac + 2 suivi en alternance me permettrait de trouver rapidement du travail. Je me suis lourdement trompée. J’ai commencé par faire de l’interim, de temps en temps, les missions débouchaient sur des CDD, parfois on me faisait même croire qu’il y aurait peut-être un CDI au bout, mais à la fin du CDD, c’était souvent la même rengaine : on aimerait vous garder, vous travaillez bien et on a besoin de quelqu’un, mais on n’embauche pas en ce moment, la politique de la maison, les actionnaires… Et hop, on repart vers une mission d’interim…  J’ai aujourd’hui 28 ans, un CV bien rempli, des expériences à revendre, mais à part la précarité, on ne me propose rien.

Lire la suite (Le Monde)

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