Archives mensuelles : septembre 2008

Sauvons Actuchômage

Le militantisme souffre ces derniers temps. Surtout celui qui a vocation à défendre les plus faibles d’entre nous, à lutter contre la machine à écraser les crevards, à ne pas nous laisser nous pondre dans la tête. Les appels de détresse (financière et participative) se suivent et se ressemblent. Au bout d’un moment, on peut être tenté de détourner la tête, de se dire qu’on ne pourra pas sauver tout le monde. Pourtant, c’est moins le moment que jamais de lâcher la rampe. Lire la suite

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On ferme!

J’ai décidé de fermer ce blog, au moins temporairement. J’ai moins de temps pour m’en occuper.

Equilibre précaire a été ouverte il y a un an. En un an, nous avons publié 195 articles et 1 195 commentaires. Le blog a reçu 65 000 visites, avec un pîc à 1557 visites le 20 décembre 2007.

Dix-sept auteurs ont participé à Equilibre précaire. Merci à eux. Cette expérience a été intéressante car nous nous sommes rendus compte qu’il était très difficile d’écrire sur la précarité. Le sujet est rebutant! Si on est précaire on n’a pas envie d’écrire sur ce sujet et si on ne l’est pas, bien qu’on comprenne le problème, on ne l’a pas vécu et donc on se sent mal placé pour en parler.

Le blog restera en l’état. Et il restera « précaire »…

Une épicerie sociale dans le Pas-de-Calais

La Voix du Nord donne des infos pratiques sur une épicerie sociale située à Hesdin.

Une épicerie sociale, c’est quoi ? – C’est un endroit où chacun peut acheter toutes sortes de produits à bas prix.

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Qui peut bénéficier des services qu’offre cette épicerie sociale ? – Elle s’adresse à toutes les personnes du pays des 7 Vallées en situation de précarité financière.

Qu’est-ce qu’on y trouve ? – Des produits alimentaires, d’hygiène, ménagers, des vêtements (adultes et enfants), des meubles, de la vaisselle, etc. En revanche, on ne trouve pas de produits tels que de l’alcool, des médicaments, du tabac, etc.

RSA : la naissance d’un régime de précarité assistée

Serge Paugam, directeur d’études à l’EHESS, l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il s’exprime sur Mediapart. Extrait:

Il était certes jusqu’ici possible de travailler et d’être aidé par les services sociaux en raison de la faiblesse du salaire obtenu (de plus en plus de travailleurs pauvres étaient recensés parmi les bénéficiaires de l’aide sociale), mais avec le RSA, on entre dans un régime différent : il sera désormais possible de cumuler de façon régulière et indéterminée un revenu d’assistance et un revenu du travail faiblement rémunéré. Entre le salarié et le bénéficiaire de l’aide sociale, il existera un statut social intermédiaire, celui de travailleur précaire assisté.

RSA : la précarité pérennisée

Mais le financement n’est pas tout : se pose aussi la question de fond des effets pervers que va générer cette mesure. S’il apparaît évidemment souhaitable, au premier abord, que les travailleurs précaires obtiennent grâce au RSA un complément de revenus qui leur permettra d’un peu surnager, cette main d’œuvre à bas prix ne risque-t-elle pas de se trouver pérennisée ? C’est la thèse défendue par Serge Paugam, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

Lire la suite sur Plume de presse

Besancenot : « Le RSA c’est la précarité absolue »

Invité sur RMC ce matin, Olivier Besancenot, porte parole de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) est revenu sur le Revenu de Solidarité Active mis en place par le gouvernement, et a notamment dénoncé l’injustice de son financement : « Le problème est de savoir si oui ou non, à un moment donné, on taxe le vrai capital. Par exemple sur le RSA, j’ai entendu une partie de la gauche se féliciter de la mesure. On dit « on a taxé le capital », mais en réalité, il y a 10 millions de personnes qui vont être taxées par le biais des assurances vie et compagnie. Mais le vrai capital, par exemple les profits, ne seront absolument pas touchés, dans la mesure du financement du RSA. Je suis en désaccord total avec le RSA.

Jean-Jacques Bourdin : Pourtant ça aide les RMIstes à trouver du boulot… ?

Olivier Besancenot : Quel boulot ? Des quart-temps, des mi-temps… finalement, on propose à la place de la pauvreté, la précarité absolue. L’argument consiste à dire « ceux qui cumulent l’ensemble de leurs allocations, auraient l’équivalent d’un salaire ». Mais quel salaire ? Pas d’un temps plein en tous les cas. Pas au dessus de 700 ou 800 euros.

Jean-Jacques Bourdin : Alors comment incite-t-on les RMIstes à retrouver du boulot ?

Olivier Besancenot : Comment incite-t-on le patronat à embaucher ? Pour moi, la vraie question, elle est là. Et on pourrait peut-être commencer par : comment inciter le patronat à arrêter de licencier ! »

source: RMC

Dossier RSA (AC!)

source

Le RSA, ce n’est pas la justice sociale

extrait du blog L’Economie politique, de Gilles Ravaud:

Il y a quand même deux ou trois trucs qui clochent.
Le premier, c’est la philosophie sous-jacente du bidule, cette idée détestable qu’il faut “inciter” les gens à “travailler plus”. Oh là là c’est sûr, gagner 500 ou même 1000 euros par mois, c’est tellement bien, je vais m’en contenter, il faut vraiment que quelqu’un me pousse aux fesses pour que je daigne travailler plus !
Le deuxième, qui y est lié, c’est que, dans la pratique, ce n’est pas parce qu’ils vont perdre leur RMI que de nombreuses personnes ne travaillent pas. Au contraire, ainsi que l’expliquait déjà Hélène Zajdela dans notre immortel ouvrage sur les idées reçues en économie, un nombre non négligeable d’anciens allocataires du RMI travaillent… alors que ces personnes y perdent financièrement.
Non, si des tas de gens ne travaillent pas, c’est parce que, surprise surprise… il n’y a pas de boulot ! Ou alors, même quand il y a des emplois, c’est parce que ces personnes sont malades, parce qu’ells n’ont pas le permis de conduire, ou pas de véhicule, parce qu’il faut qu’elles s’occupent d’un enfant ou d’un parent, etc. Comme le dit Dominique Méda, “la plus grande partie des problèmes qui font obstacle à la reprise d’emploi des bénéficiaires de minima sociaux ne sont pas d’ordre monétaire”.
Le troisième, c’est que tout le monde s’excite parce que Sarkozy “taxe le capital pour donner aux pauvres”. Mais les revenus du capital restent taxés à hauteur de seulement 12%. Cela reste beaucoup moins que le taux auxquel le travail est taxé.
Enfin, ce dispositif revient à ce que la solidarité nationale s’adresse non pas à quelqu’un de malade, de vieux, d’handicapé ou sans emploi, mais à un travailleur. Ce genre de dispositif normalise le fait que les entreprises versent des salaires trop faibles pour pouvoir vivre dignement, et/ou que des tas de très mauvais emplois existent, voire se développent. C’est ce qu’explique très bien Denis Clerc dans cet entretien : avec le RSA, les entreprises sont d’autant plus incitées à proposer des emplois de quelques heures de travail par semaine, emplois que les personnes seront de plus en plus “incitées”, ou contraintes, à accepter. En effet, “dans la nouvelle logique de droits et de devoirs, il y aura davantage de pression sur les candidats pour qu’ils acceptent ces emplois, qui sont paupérisants”. Enfin, comme le souligne Denis Clerc, aucune demande n’est adressée aux entreprises dans ce dispositif.