Le RSA, ce n’est pas la justice sociale

extrait du blog L’Economie politique, de Gilles Ravaud:

Il y a quand même deux ou trois trucs qui clochent.
Le premier, c’est la philosophie sous-jacente du bidule, cette idée détestable qu’il faut “inciter” les gens à “travailler plus”. Oh là là c’est sûr, gagner 500 ou même 1000 euros par mois, c’est tellement bien, je vais m’en contenter, il faut vraiment que quelqu’un me pousse aux fesses pour que je daigne travailler plus !
Le deuxième, qui y est lié, c’est que, dans la pratique, ce n’est pas parce qu’ils vont perdre leur RMI que de nombreuses personnes ne travaillent pas. Au contraire, ainsi que l’expliquait déjà Hélène Zajdela dans notre immortel ouvrage sur les idées reçues en économie, un nombre non négligeable d’anciens allocataires du RMI travaillent… alors que ces personnes y perdent financièrement.
Non, si des tas de gens ne travaillent pas, c’est parce que, surprise surprise… il n’y a pas de boulot ! Ou alors, même quand il y a des emplois, c’est parce que ces personnes sont malades, parce qu’ells n’ont pas le permis de conduire, ou pas de véhicule, parce qu’il faut qu’elles s’occupent d’un enfant ou d’un parent, etc. Comme le dit Dominique Méda, “la plus grande partie des problèmes qui font obstacle à la reprise d’emploi des bénéficiaires de minima sociaux ne sont pas d’ordre monétaire”.
Le troisième, c’est que tout le monde s’excite parce que Sarkozy “taxe le capital pour donner aux pauvres”. Mais les revenus du capital restent taxés à hauteur de seulement 12%. Cela reste beaucoup moins que le taux auxquel le travail est taxé.
Enfin, ce dispositif revient à ce que la solidarité nationale s’adresse non pas à quelqu’un de malade, de vieux, d’handicapé ou sans emploi, mais à un travailleur. Ce genre de dispositif normalise le fait que les entreprises versent des salaires trop faibles pour pouvoir vivre dignement, et/ou que des tas de très mauvais emplois existent, voire se développent. C’est ce qu’explique très bien Denis Clerc dans cet entretien : avec le RSA, les entreprises sont d’autant plus incitées à proposer des emplois de quelques heures de travail par semaine, emplois que les personnes seront de plus en plus “incitées”, ou contraintes, à accepter. En effet, “dans la nouvelle logique de droits et de devoirs, il y aura davantage de pression sur les candidats pour qu’ils acceptent ces emplois, qui sont paupérisants”. Enfin, comme le souligne Denis Clerc, aucune demande n’est adressée aux entreprises dans ce dispositif.

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Une réponse à “Le RSA, ce n’est pas la justice sociale

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