Archives mensuelles : mars 2010

Comment plier une feuille A4 en trois partie

Monsieur Poireau décrit avec humour le parcours du combattant du chercheur d’emploi. Heureusement qu’il y a les atelier de recherche d’emploi!

"Le service de l’emploi a bien fait son boulot. Il ont aidé Alain à peaufiner son CV, lui ont appris à bien se présenter. Il suffit parait-il de savoir se vendre pour décrocher un job. Il lui ont offert un tas de formations très impressionnantes. Il lui ont même appris à bien plier une feuille A4 en trois partie pour que sa lettre de motivation fasse bonne figure."

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Pôle emploi : paroles de salariées en souffrance

De quoi se plaignent-elles ? Ces salariées de Pôle emploi, pour la plupart issues de l’ANPE, sont syndiquées au SNU. Elles ont un peu d’expérience dans la profession et assistent, désabusées, à la déshumanisation de leur métier.

La souffrance au travail est liée à l’absence de reconnaissance mais aussi, comme l’avait montré une étude ligérienne, au fait que les salariés ont le sentiment de ne pouvoir accomplir correctement leur tache. C’est ce que ressentent ces femmes qui signalent que Pôle emploi parle désormais « d’équipe de production et non plus d’équipe professionnelle ». Le choix des mots.

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Parlement: discussion sur un revenu minimum pour combattre la pauvreté

Les députés européens réfléchissent à l’idée d’un revenu minimum au niveau de l’UE, comme l’indique ce document.

Députés et partenaires sociaux ont convenu que l’instauration d’un revenu minimum au niveau de l’UE représente une réponse pour sortir de la pauvreté. La question de l’opportunité d’une directive cadre sur ce thème reste toutefois ouverte.

"Ce rapport revêt une importance politique alors que le dernier Ecofin vient d’annoncer son intention de retirer des mesures non conventionnelles pour soutenir l’emploi et prolonger les mécanismes d’indemnisation des chômeurs", a déclaré la présidente de la commission emploi et affaires sociales, Pervenche Berès (S&D, FR), lors d’un débat avec les partenaires sociauxdans le cadre de la préparation d’un rapport.

"Ainsi, les ministres des finances aggravent la situation sociale et fragilisent l’objectif de réduction de la pauvreté proposé dans la stratégie 2020", a-t-elle ajouté.

Sortir de la précarité

Selon Rebekah Smith, de BusinessEurope, "si l’on augmentait la croissance dans l’UE de 1 à 2 %, 6,5 millions d’emplois seraient créés". Cependant, pour Henri Lourdelle, de la Confédération européenne des syndicats, "l’emploi n’est plus le garant de la pauvreté. La précarité a généré des travailleurs pauvres et par conséquent des retraités pauvres".

A lire sur le site du Parlement européen (info trouvée grâce au Monolecte)

Petite pause beauté dans la précarité

A lire, cet article de Nouria MOOLNA dans Ouest France.Elle évoque une action de l’association Familles rurales, qui a offert maquillage, manucure et coiffureà une douzaine de bénéficiaires du RSA.

« Notre mission principale est de proposer des petits travaux de ménage, de jardinage, à nos membres, hommes et femmes, explique Sophie Pastel, chargée du suivi social et professionnel au sein de l’association. En parallèle, nous avons une action plus spécifiquement dirigée vers les femmes. Avec elles, on parle de la vie quotidienne, de l’alimentation, des économies d’énergie » Et de son apparence. Cela fait quatre ans que Familles rurales propose ce type de journées, avec l’aide de professionnelles ou des élèves bénévoles. « Nos adhérentes en redemandent, nous avons de très bons retours. »

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Pendant que les multinationales licencient pour accroitre leurs bénéfices… d’autres se pendent

Il y a quelques semaines, j’écrivais sur mon blog au sujet de la crise :

« Pas l’ombre d’une mesure contraignante, pas une goutte de remise en question profonde du système qui nous a « pondu » la « Crise du siècle ». Pas une miette d’excuses non plus pour ceux, qui assument, sans broncher, les conséquences de ce dont ils ne sont pas responsables. »

Hier, mon téléphone sonne. C’est ma mère. Un peu agacée par son second appel de la journée, je décroche avec l’intention de lui demander de me rappeler plus tard. Au bout du fil, elle pleure et bégaye quelques mots avant de m’expliquer, d’un ton assuré, que mon oncle s’est pendu en début d’après-midi. Dans sa lettre  d’adieu, tout ressemble à une réflexion à haute voix, à une série d’arguments qu’il semble avoir couchés sur le papier pour se persuader lui-même que l’issue fatale restait la meilleure.

En avril dernier, Alain est convonqué par son management. En raison de deux retards (45 kilomètres séparent le domicile du lieu de travail) et de son utilisation d’internet à des fins personnelles, on lui met un blâme. C’est le coup de sifflet de ce qui va devenir un harcèlement moral. En Juin, alors que je rends visite à ma famille, je discute avec mon oncle. Il m’explique que son management le noie de travail et de deadline impossible à respecter. A ses mots, je comprends qu’on veut le bazarder. Il est vieux (52 ans), nul en informatique et coûte cher (2700 euros net). Au retour de ses vacances, nouvelle convocation et nouveau blâme. Alain ne remplit pas ses objectifs et il est averti pour la seconde fois. A l’issue de la réunion, il s’énerve et monte le ton. Tous les gens autour de lui étaient des gosses quand il a démarré sa carrière dans la boite et ça, pour lui, ca ne passe pas. Le directeur du site lui dit verbalement qu’en raison de la crise, il doit dégraisser et qu’il fait parti de la liste des indésirables. Il enfoncera alors son poing dans la joue de ce gros con et sera licencié quelques jours plus tard. Alain n’a jamais été violent. Mais comme beaucoup dans la famille, il a un sens aigu de la justice et de la politesse. Quand il a compris qu’il était dans la nasse, il a préféré se faire justice immédiatement que prendre du cash. Courageux et compréhensible geste (de mon point de vue), il va néanmoins devenir le coup d’envoi d’une chute effrénée vers son malheureux sort. Dans les mois qui suivirent, 10 des ses collègues subiront le même sort… tous avec au moins plus de 10 ans d’ancienneté au sein de l’entreprise.

Alain a 10 frères et sœurs dont ma propre mère. Comme elle, il a arrêté l’école à 14 ans pour travailler dans la carrière à champignons du village. Comme deux autres de mes oncles, il entrera à la SNCF comme contrôleur pendant 5 ans. Une déception amoureuse plus tard, car Alain ne pouvant pas avoir d’enfants, il quittera la fonction publique pour rejoindre une fabrique de biscuit comme contrôleur qualité. Il y gravira des échelons, participera à de nombreux projets mais également à de nombreuses avancées sociales au sein de l’entreprise. De droite, Alain a toujours été proche de ses potes de la CGT, les manœuvres et autres employés au « packaging » qui font le sale boulot. Alain n’aime pas les injustices de classe…

Seul face à lui même, Alain va commencer par prendre un peu de recul. Il viendra même 2 jours me visiter à Prague avant de continuer vers Vienne. Il n’avait jamais voyagé si loin. Il passera le reste de l’été à entretenir sa palombière, cultiver son jardin et visiter la famille. Seul et célibataire de carrière, Alain avait une solide épargne d’environ 50 000 euros. Propriétaire d’une maison qu’il avait terminé de payer il y a  quelques années déjà, il vivait chichement, avec ses deux chiens dans une maison confortable de 90 mètres carrés à la campagne. Vraiment tout pour être heureux… Alain va vite comprendre qu’il est dans une impasse professionnelle. Le marché de l’emploi est maigre pour lui et puis il a perdu confiance en lui, s’isole et doit sûrement se poser des questions aussi existentielles qu’inutiles car comme beaucoup dans la famille, Alain a la déprime facile ! Le Ricard n’a jamais été une habitude de consommation, pourtant, il va commencer à partager sa richesse avec le groupe Pernod-Ricard. Alain semble sombrer tout à coup dans la néant aux yeux des siens… je suis loin, je ne comprends pas donc je ne juge pas. Régulièrement, et par habitude d’abord, je m’entretiens au téléphone avec lui. A chaque fois il « va bien » et a un discours tout à fait cohérent. Nous parlons politique, de la crise et de la situation de son ancienne entreprise. Une chose est certaine, Alain en a gros sur la patate, n’a pas vraiment de regrets dans le fond, mais sait qu’il s’est complique la tache en ne parvenant pas a casser la mâchoire du pingouin degraisseur. Ces derniers temps, Alain était invisible aux yeux de tous et injoignable la plupart du temps. Nous savons juste qu’il a effectué un court séjour dans les Pyrénées… dans le village où est né son père, et dans lequel Alain n’y avait jamais mis les pieds. Mon grand-père, lui-même, n’y étant jamais revenu, lorsqu’il l’a quitté à 5 ans en 1927.

Expliquer un suicide, même moi, Alain étant mon parrain, je ne peux pas, je ne veux pas… ce n’est pas possible. Je suis révolté, parce que même si je sais qu’il a toujours regretté de ne pas avoir mené une vie privée heureuse et accomplie, je sais aussi qu’il a tout donne dans son job.

Multinationale aux poches gavées, la crise comme prétexte, le harcèlement et des méthodes de management douteuses comme outils, elles licencient autant que possible en réorganisant soigneusement l’entreprise pour ne plus avoir besoin que de smicards interchangeables. Et en ce moment, des gens à employer au Smic… ce n’est pas ca qui manque. Jusqu’à quand allons nous laisser ces entreprises briser des familles, des vies ou des bassins d’emplois sans que l’on ne les punisse si durement qu’ils y réfléchissent a deux fois ? Oui je sais…

Il faut boycotter les entreprises qui n’ont plus d’activité de production sur notre territoire. Apres avoir usé les gens, profité de l’argent publique, qu’elles ne comptent pas sur moi pour les enrichir encore davantage. Moi c’est décide, je ne mangerai plus de biscuits **.

Donatien