Archives de Catégorie: journalisme

Mort d’un précaire

Aujourd’hui, le journal Ouest France m’apprend le décès d’un journaliste âgé de 47 ans. L’article, illustré d’une photographie, est publié dans les pages locales. Lire la suite

La précarité énergétique

Une épée de Damoclès. Lorsqu’un foyer dispose de bas revenus et qu’il est confronté à une facture importante d’énergie, il se prive d’autres services, ou – au contraire – décide de ne plus se chauffer. Penser à long terme devient impossible.

On appelle cela la précarité énergétique. Derrière ce nom barbare se cache un phénomène complexe qui comprend des situations multiples.

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« Je déteste la commisération et l’exotisme social dans lesquels vont se vautrer ceux qui liront tous ces témoignages »

A lire, cet article du Monde, « Vivre avec le Simc demande beaucoup de débrouille »

Il y a longtemps que je ne regarde plus ma fiche de paie. Je la laisse dans son enveloppe et la range avec les autres. Elles s’accumulent dans un tiroir de la cuisine. Inévitablement, je sais qu’elle affichera le même salaire que le mois précédent : 1 055 euros.

Je déteste par avance la commisération et l’exotisme social dans lesquels vont se vautrer ceux qui liront tous ces témoignages. Mais il faut bien parler ; il faut dire cette expérience. Pour les journalistes, ce n’est qu’un marronnier qui annonce l’hiver. Pour moi, c’est une forme de vie. Et c’est la mienne.

Je suis caissière dans un hypermarché de province. J’ai 35 ans. Mon hypermarché fait en moyenne plus d’un million de chiffre d’affaires par jour. Dès le 7 du mois, je suis à découvert. Une fois que j’ai payé l’assurance de la voiture, l’essence, une petite complémentaire santé, le loyer de mon 25 m², l’assurance de ce logement, l’électricité et l’abonnement portable-Internet, je n’ai quasiment plus rien. Il faut manger aussi.

Seuls ceux qui connaissent cette forme de vie peuvent comprendre l’expérience de l’arbitrage inlassable et du calcul permanent. Je ne connais plus (mais les ai-je déjà connus ?) les petits excès – un livre, un cinoche, un restau, une fringue de marque – que l’on s’offre de temps en temps, en souriant, « parce qu’il faut bien se faire plaisir et qu’on n’a qu’une vie ». J’accepte cette vie ordonnée et triste. Je crois que je ne crois plus en la justice.

  • Nous sommes heureux car nous sommes ensemble, par Audrey C.

Je suis maman solo de deux enfants. Je vis au smic depuis cinq ans. J’ai privilégié le confort de l’habitation. Je vis dans une maison avec trois chambres et un jardin, en location. Avec un loyer élevé et des charges qui le sont aussi, les loisirs sont restreints. On sort très peu les week-ends. Je n ‘ai pas le droit aux aides sociales car il faut toucher moins que le smic. Dès qu’il y a des problèmes de voiture ou des grosses factures qui arrivent, c’est dur. J’ai un prêt de consommation et je puise trop souvent dedans. Pour les courses, j’arrive à dépenser moins grâce au hard discount mais pour le reste (mutuelle, assurances, électricité, essence…), c’est dur de pouvoir tout payer avec si peu.

Pour vêtir mes enfants, j’achète des vêtements d’occasion grâce aux vide-greniers ou sur Internet, via des petites annonces. Pareil pour les meubles, l’électroménager. Des amis nous font des dons. Pour Noël, j’ai pris des jouets d’occasion. Les vacances, mes enfants ne connaissent pas. Malgré toutes ces difficultés financières, ils sont heureux car nous sommes ensemble, nous avons chacun une bonne santé et il y a beaucoup d’amour qui fait que l’on se sent plus riche humainement. Mais quand je me retrouve seule dans ma chambre, je me mets à pleurer en pensant à notre vie de misère et comment s’en sortir afin que leur avenir soit meilleur.

Les précaires vont servir de boucs-émissaires

La crise financière, qui se mue en crise économique, menace-t-elle davantage encore l’accès aux soins des plus démunis ? Lire la suite

Université de Hambourg : des scientifiques à un euro

par Stephan M.

Une douzaine de scientifiques sans emploi ont été obligés par la “Bundesagentur für Arbeit” (agence allemande pour l’emploi) à travailler pour l’université de Hambourg. Il s’agit du fameux “travail à un euro introduit” par la réforme Hartz IV. Si on a cru que ces mesures de coercition ne sont appliquées que sur des chômeurs peu qualifiés, on doit rectifier ses croyances. Pourquoi faire venir des gens diplômés de pays lointains pour un salaire “compétitif” si on dispose de scientifiques chez soi qui, de plus, font un travail hautement qualifié pour un euro de l’heure, et ceci sans que l’employeur ait à payer ni cotisations sociales ni salaires ? Lire la suite

Précarité à la Réunion

source

Voici un témoignage, recueilli à l’ANPE de Sainte-Clotilde:

Jean-Yves, 36 ans : « Le shomaz lé touzour là »

« I fé 6 ans mi rod in travay. Banna i rod fé kroir nou vé pa travay. Mé lé pa vré. Mi sava l’ANPE toultan. Mi gingn pi konté le nonm de foi moin la fé lantretien, moin la parti randévou ansanm bann patron. Soman, kan ou na poin kalifikasion, koman i pé fé ? In zour, moin la fayi gingn in CDI, mé lafèr la kass an pay. Koméla, mi viv èk in RMI. Mon madame i travay pa non-pli. El osi nana in RMI. Nou nana dé zanfan ankor tann. Nou gingn zalokasion. Nout lozman i kout pa nou si shèr ke sa. Mé la vi lé pa fasil toulézour. Nou débatt. Apré rod pokwé demoun i bèk la klé. Souvandéfoi, moin nana in ti travay la méri, soman i dir pa lontan. Apré, rebelot. Shomaz. Moin lé rézigné. Moin la ziska désid mont in ti lantrepriz lespass vèr. Le konséyé l’ANPE, la di amoin nana lèd po moin. Soman, kan banna i koné moin na poin lapor, zot i èd pa. Là sat i fodré, sé banna, bann désidèr, i done la min. Banna i vé anlèv le shomaz isi La Rénion, soman le shomaz lé touzour là. Mi kroi sa sé kondanasion po La Rénion. Nout péi lé malfoutu. »

Journaliste en mode pigiste à Rennes

Payés à l’article écrit ou à la journée travaillée, les pigistes forment le plus gros de certaines rédactions. Dans le coin, difficile de savoir combien ils sont exactement. Ils travaillent souvent seuls, de chez eux. Ce vendredi, 75 journalistes se réunissent au TNB pour la deuxième édition de la journée des pigistes de l’Ouest. Focus sur cette profession méconnue avec Carole André, présidente de l’association Objectif plume, organisatrice de la journée.

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Le 7 février: manifester contre la précarité, à Paris

Ca s’annonce chaud, il paraît.

Radio France condamné pour « abus de précarité », selon le SNJ

Voici une dépêche de l’Agence France Presse relevée sur le site du Monde.

« Le groupe public Radio France a été condamné par le conseil des prud’hommes de Paris pour « abus de précarité » à la suite du licenciement abusif d’une journaliste, pigiste régulière sur l’une des antennes depuis trois ans, a annoncé mardi le SNJ de Radio France, dans un communiqué. Lire la suite