Jocelyne, femme de ménage, et ses six employeurs

Elle a 47 balais, deux blouses et des bras d’acier. Dès 6 h, Jocelyne Combis frotte, astique et aspire le mobilier et les sols chez des particuliers et dans des entreprises. À pied, en bus, elle court d’adresse en adresse depuis cinq ans. Journée type d’un solide agent d’entretien… Lire la suite

Pauvreté, précarité, solidarité en milieu rural

Rapport de la Documentation française à télécharger ici.

Les phénomènes de pauvreté et de précarité sont, en milieu rural, moins bien documentés qu’en milieu urbain. Dans un premier tome ce rapport dresse un état complet des connaissances sur les phénomènes de pauvreté en milieu rural, notamment : la typologie des habitants concernés, la nature des difficultés rencontrées, leurs effets sur l’activité économique et sur le mode de vie de ces habitants, la nature des réponses apportées. Le deuxième tome est consacré à l’analyse détaillée de la situation dans cinq départements, Nord, Ariège, Seine-et-Marne, Hérault et Creuse.
(septembre 2009)

A Orthez, Christophe et Delphine dorment dans une voiture

Depuis cet été, Christophe et son amie Delphine vivent dans une voiture, non loin de la Moutète. Alors que l’hiver est là, tous deux aimeraient qu’enfin soit trouvée une solution.

En ce moment, Christophe Muller, 41 ans, dort seul. Son amie Delphine Fouchet, 35 ans, est en effet entrée à l’hôpital lundi pour des soins. Elle sera de retour dans quelques jours. Tous deux pourront alors se tenir de nouveau chaud, dans la voiture qui les abrite, une vieille R19 blanche sans pare-brise, délabrée, stationnée rue du Grec, la petite voie qui relie la Moutète à la rue Guanille. Cela fait déjà quelque temps qu’ils sont là. « Depuis les fêtes d’Orthez » confirme Christophe, originaire d’Aubervilliers, arrivé dans la région il y a une quinzaine d’années. Soit quatre mois à loger dans une voiture qui n’est pas à eux et dont le pare-brise a éclaté récemment sous les pierres de quelques jeunes noctambules.

Lire la suite La République des Pyrénées

La précarité énergétique

Une épée de Damoclès. Lorsqu’un foyer dispose de bas revenus et qu’il est confronté à une facture importante d’énergie, il se prive d’autres services, ou – au contraire – décide de ne plus se chauffer. Penser à long terme devient impossible.

On appelle cela la précarité énergétique. Derrière ce nom barbare se cache un phénomène complexe qui comprend des situations multiples.

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Décès de Claire Villiers, cofondatrice du mouvement de chômeurs AC!

La cofondatrice d' »AC! Agir ensemble contre le chômage », Claire Villiers, ancienne vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France (2004-2010), est décédée vendredi d’un cancer à 59 ans, selon des communiqués diffusés par AC!, Solidaires et le SNU-FSU de Pôle emploi. Lire la suite

« Je déteste la commisération et l’exotisme social dans lesquels vont se vautrer ceux qui liront tous ces témoignages »

A lire, cet article du Monde, « Vivre avec le Simc demande beaucoup de débrouille »

Il y a longtemps que je ne regarde plus ma fiche de paie. Je la laisse dans son enveloppe et la range avec les autres. Elles s’accumulent dans un tiroir de la cuisine. Inévitablement, je sais qu’elle affichera le même salaire que le mois précédent : 1 055 euros.

Je déteste par avance la commisération et l’exotisme social dans lesquels vont se vautrer ceux qui liront tous ces témoignages. Mais il faut bien parler ; il faut dire cette expérience. Pour les journalistes, ce n’est qu’un marronnier qui annonce l’hiver. Pour moi, c’est une forme de vie. Et c’est la mienne.

Je suis caissière dans un hypermarché de province. J’ai 35 ans. Mon hypermarché fait en moyenne plus d’un million de chiffre d’affaires par jour. Dès le 7 du mois, je suis à découvert. Une fois que j’ai payé l’assurance de la voiture, l’essence, une petite complémentaire santé, le loyer de mon 25 m², l’assurance de ce logement, l’électricité et l’abonnement portable-Internet, je n’ai quasiment plus rien. Il faut manger aussi.

Seuls ceux qui connaissent cette forme de vie peuvent comprendre l’expérience de l’arbitrage inlassable et du calcul permanent. Je ne connais plus (mais les ai-je déjà connus ?) les petits excès – un livre, un cinoche, un restau, une fringue de marque – que l’on s’offre de temps en temps, en souriant, « parce qu’il faut bien se faire plaisir et qu’on n’a qu’une vie ». J’accepte cette vie ordonnée et triste. Je crois que je ne crois plus en la justice.

  • Nous sommes heureux car nous sommes ensemble, par Audrey C.

Je suis maman solo de deux enfants. Je vis au smic depuis cinq ans. J’ai privilégié le confort de l’habitation. Je vis dans une maison avec trois chambres et un jardin, en location. Avec un loyer élevé et des charges qui le sont aussi, les loisirs sont restreints. On sort très peu les week-ends. Je n ‘ai pas le droit aux aides sociales car il faut toucher moins que le smic. Dès qu’il y a des problèmes de voiture ou des grosses factures qui arrivent, c’est dur. J’ai un prêt de consommation et je puise trop souvent dedans. Pour les courses, j’arrive à dépenser moins grâce au hard discount mais pour le reste (mutuelle, assurances, électricité, essence…), c’est dur de pouvoir tout payer avec si peu.

Pour vêtir mes enfants, j’achète des vêtements d’occasion grâce aux vide-greniers ou sur Internet, via des petites annonces. Pareil pour les meubles, l’électroménager. Des amis nous font des dons. Pour Noël, j’ai pris des jouets d’occasion. Les vacances, mes enfants ne connaissent pas. Malgré toutes ces difficultés financières, ils sont heureux car nous sommes ensemble, nous avons chacun une bonne santé et il y a beaucoup d’amour qui fait que l’on se sent plus riche humainement. Mais quand je me retrouve seule dans ma chambre, je me mets à pleurer en pensant à notre vie de misère et comment s’en sortir afin que leur avenir soit meilleur.

La précarité gagne du terrain

De plus en plus de pauvres, souvent jeunes, étranglés par des fins de mois difficiles. C’est le nouveau visage de la précarité qui se dessine en France, selon le rapport annuel du Secours catholique rendu public mardi. Une année 2009 marquée par la crise économique qui est venue encore un peu plus fragiliser certaines catégories de la population.

Les chiffres. En 2009 et pour la seconde année consécutive, le nombre de personnes accueillies par le Secours catholique est repartie à la hausse pour atteindre les 1,48 million de personnes, soit 80.000 de plus qu’en 2008. Dans 94% des cas, les personnes aidées vivent sous le seuil de pauvreté, établi à 950 euros par mois. La pauvreté en France touche aussi de plus en plus de jeunes : 11% ont moins de 25 ans, la moitié à moins de 40 ans.

(source: Europe 1)

« Cela fait deux mois que j’ai quitté mon travail »

Cela fait deux mois que j’ai quitté mon travail.

J’ai réussi à obtenir une rupture conventionnelle de contrat bien qu’on me l’ait refusée à la première demande. Ils n’avaient aucune raison de vouloir se séparer de moi, et ils recommençaient à embaucher. De plus, je faisais l’affaire au poste où j’étais et ils souhaitaient même me donner plus de responsabilités. Mais toujours sans changement de statut et au même salaire.

La suite à lire chez l’Intello du dessous

Monique Pinçon-Charlot : le recrutement des riches

Quelle place la société française accorde-t-elle aux jeunes?

Quelle place la société française accorde-t-elle aux jeunes ? Alors que le dossier des retraites monopolise le débat politique, les moins de 25 ans restent les premières victimes de la crise économique : 23 % d’entre eux subissent le chômage. La dernière fois que les jeunes français sont descendus massivement dans la rue, c’était au printemps 2006. Ils manifestaient contre le contrat première embauche. Le CPE permettait à l’employeur de mettre fin au contrat de travail sans justification pendant deux ans. Par leur forte mobilisation contre ce symbole d’une précarité imposée, les jeunes avaient alors obtenu le retrait du texte.

Quatre ans plus tard, la société s’englue dans le pessimisme. "La peur de l’avenir n’est nulle part aussi grande qu’en France et n’a historiquement jamais été aussi répandue dans ce pays qu’aujourd’hui ", constate Eric Maurin, auteur de La Peur du déclassement qui, en 2009, a figuré parmi les vingt essais les plus vendus en France. C’est lui que Le Monde Magazine a choisi d’interroger pour savoir si les difficultés d’insertion des jeunes peuvent créer une "génération sacrifiée". Nous sommes aussi allés à la rencontre d’étudiants qui avaient lutté contre le CPE pour voir où ils en sont de leur parcours.

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