Archives de Tag: pouvoir d’achat

Inflation et précarité : demandez le programme !

(Nicolas)

On apprend par la presse que le Gouvernement va augmenter le SMIC de 0,9%. A vos calculatrices ! Sachant que le SMIC net est à environ 1000 euros, à combien se monte l’augmentation de 0,9% ? Vous avez trois secondes.

Quelle est l’andouille qui a répondu 90 ? Non ! Il s’agit bien d’une augmentation de 9 euros. Si je compte bien, ça vous fait une augmentation de 30 centimes par jour pour nourrir les mômes.

Tiens ! Ce week-end, j’ai fait le plein de la voiture. J’ai battu mon record. Plus de 82 euros. Dans le temps, ça tournait vers 55€. C’était une anecdote personnelle pour personnifier le blog.

« Situation inédite depuis 1984-85, selon les experts, l’inflation a annulé tous les gains de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO) ». Je traduits : le pouvoir d’achat baisse.

Par la même dépêche, on apprend aussi que : « dans les entreprises de 10 salariés ou plus, le temps partiel progresse avec 84,3% de salariés à temps complet et 15,7% à temps partiel fin mars (contre 15,3% début 2006). »

Non seulement, la hausse des salaires horaires n’atteint pas l’inflation mais en plus de moins en moins de types travaillent à plein temps !

« Travailler plus pour gagner plus », qu’il disait. Notez le ridicule de la politique du gouvernement et de l’UMP qui s’évertue à casser les 35 heures ! Ils n’arrivent déjà pas à faire bosser tout le monde convenablement… et il faudrait que tout le monde fasse des heures supplémentaires.

« La part des salariés en CDD est elle aussi en hausse à 6,7% (6,2% début 2006). »

Hein ? Plus de temps partiels, plus de CDD. CQFD : la précarité s’installe. D’un côté, le gouvernement se félicite d’une baisse du chômage mais de l’autre, il oublie de rappeler, que le prix de cette baisse est une hausse de la précarité de ceux qui bossent.

Mercredi, premier jour des soldes à Paris: on pense au pouvoir d’achat des stagiaires?

Génération Précaire

Vous l’attendiez depuis longtemps, nous aussi, nouvelle action Génération précaire pour obtenir une vraie réforme des stages…

Rendez-vous le mercredi 9 janvier 13h M° Chaussée d’Antin
pour l’ouverture des soldes

Deux jours plus tard, le 11 janvier, cela fera deux ans que des dispositions sur les stages ont été présentées en conseil des ministres par un certain Dominique de Villepin.
Deux ans après rien n’a changé : la rémunération n’est pas fixée et a failli reculer (voir ici), et l’encadrement n’a pas progressé.
Le 11 janvier, c’est aussi une nouvelle réunion du Comité des Stages lors de laquelles les ministres pourraient proposer leur réforme des stages.

En attendant les soldes sur les salariés continuent, et toute l’année !

Un stagiaire, c’est en effet au moins 70% de rabais sur le SMIC…

Alors nous ferons les soldes aussi, à notre manière et avec nos propres cartes de réduction 🙂

Rendez-vous le 9 janvier 13h ici M° Chaussée d’Antin, à la pointe de l’angle du boulevard Haussmann et de la rue Lafayette
(durée de l’action 30 à 45 minutes)

A mercredi, venez nombreux, faites passer le message et bonne année !

L’équipe de Génération Précaire
www.generation-precaire.org (site en refonte)
Contact / info@generation-precaire.org / Tel 06 16 68 49 16 / 06 20 21 10 53
PS : masques disponibles au magasin « Au Fou rire », 22 bis rue faubourg Montmartre (ici)

Travailler plus pour gagner moins, par Pierre Marcelle

Pierre Marcelle a publié, fin décembre, une série d’articles intitulée « Travailler plus pour gagner moins, certes, mais vivre tout de même… »

Cette série de chronique est pile poil pour « équilibre précaire ». Elle est constituée de « petites peintures impressionnistes de ces marges ordinaires où s’improvise la gestion quotidienne d’une paupérisation« .

1. Laver au lavomatic

Extrait: « La règle ici, est de faire au plus simple et au plus sûr. Pas ici de puces subtiles susceptibles de déceler des brocards de satin ou des soies naturelles que des tambours feutrés caresseraient comme des mains. Ici, pas de chichi. Le rendement d’abord, régime coton pour tout le monde ou à peu près, en sept (3 € 20) ou treize kilos (5 €) de linge malaxé de 30 à 90 °, à moins que froidement. »

2. Dans les allées de la baraque à frippes

Extrait: « Chaque centimètre carré de l’espace tout en longueur et profondeur, où des recoins qu’un rideau habille font fonction de cabines d’essayage, vaut ici de l’or autant que dans une grande surface, même si l’argent se distribue surtout en petites coupures. Les portants qui jusque sur le trottoir encadrent l’entrée sont têtes de gondole pour des cuirs patinés, des tweeds fatigués, en des marques d’aujourd’hui et d’hier, mais à des prix défiant toute sous-enchère. »

3. Voyager sur Eurolines

Extrait:  » Ici, c’est le temps qui coûte le moins. Il est long. On le passe pour l’essentiel à attendre, dehors, sous des moniteurs qui affichent pour l’heure que le car en provenance de Lisbonne, attendu à midi, arrivera à 17 h 30 («Veuillez nous excuser», etc.). On peut aussi le passer dedans un local beigeasse où s’offrent en gratuits le Figaro du jour et tous ses magazines, et s’affiche le café cauchemar à 1 € 50 tout de même, en libre-service comme le litre d’Evian à 2 € 50, excusez du peu… Les comptes d’Eurolines pompent à ces marges sordides – montres souvenirs, porte-clés tour Eiffel, articles de Paris et «espace multimédias» où se rechargent des «mobicartes» téléphoniques. »

4. Manger chez Mac Donald’s

Extrait: « Sitôt le plateau payé (cher ; quoi qu’on en dise, McDo, c’est cher), la quête d’un bout de table confine à l’aventure dans une déambulation de salle en étage, entre, selon les boutiques, un mini-parc de six mètres carrés – toboggan, balançoire, fosse de billes en polystyrène – où des murs de corde encagent des nains qui seront demain des clients, et l’effigie grandeur nature d’un clown très laid, emblématique de l’enseigne et en l’occurrence enguirlandé, parce que c’est Noël. Partout, des panonceaux pour vanter l’équilibre alimentaire, promouvoir une «fondation» vaguement caritative, et recruter des esclaves flexibles. »

5. S’instruire chez Gibert Jeune

Gibert Jeune, c’est une chaîne de librairies parisiennes, qui vendent et achètent des livres d’occasion (et des neufs).

Extrait:  » Le revers de cette pertinence, c’est côté pile, où Gibert achète. A Saint-Michel, mais aussi au dernier étage du vieux magasin des Grands Boulevards, dans l’ombre de la porte Saint-Denis. Si les règles que l’enseigne a décrétées y sont les mêmes, ce commerce, auquel un seul guichet est dévolu, au terme d’un étroit et labyrinthique escalier, est moins sonore que celui des caisses enregistreuses. Transparentes, assurément, les règles, mais impitoyables comme chez ma tante – l’ex-crédit municipal. »

Le pouvoir d’achat [et des poussières…]

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Rayons de supermarché [Photo Lyzadanger – source]

Monsieur E.Leclerc, il le dit dans sa publicité : «le pouvoir d’achat, c’est ce qu’on peut ache Lire la suite