Archives de Tag: précarité du travail.

Marie à petit prix

Je ne me souviens pas vraiment de la première fois que j’ai croisé la route de Marie, un joli petit brin de femme énergique et enjouée, à la peau constamment tannée, hiver comme été. Je me souviens avoir pensé un truc du genre : « Tiens, il y en a qui ont les moyens d’entretenir leur bronzage en plein hiver ! ». Sauf que Marie ne va jamais au ski. Ni à la plage, d’ailleurs. Non, ce que le corps sec et ferme de Marie raconte, c’est l’âpreté du labeur au grand air. Un beau jour, Marie s’est retrouvée toute seule à élever ses 3 enfants, toute seule, dans mon coin de cambrousse, sans la moindre qualification. Ça arrive souvent. Quand le père se tire ailleurs avec quelqu’un d’autre. J’ai l’impression qu’elle n’a pas eu trop le temps de se lamenter sur son sort, Marie, elle s’est juste retrouvée directement dans le bain avec un seul objectif : surnager !

Et la survie, c’est précisément un sport de combat dans le bled :

* « Qu’est-ce que tu voulais que je fasse, ici ? Il y a l’usine à canards et les vignes. L’usine, j’ai eu du mal à finir la journée, ce n’est vraiment pas pour moi et avec les horaires, pour les gosses, ça ne pouvait pas coller. Alors, j’ai pris les vignes. »

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Le RSA, ce n’est pas la justice sociale

extrait du blog L’Economie politique, de Gilles Ravaud:

Il y a quand même deux ou trois trucs qui clochent.
Le premier, c’est la philosophie sous-jacente du bidule, cette idée détestable qu’il faut “inciter” les gens à “travailler plus”. Oh là là c’est sûr, gagner 500 ou même 1000 euros par mois, c’est tellement bien, je vais m’en contenter, il faut vraiment que quelqu’un me pousse aux fesses pour que je daigne travailler plus !
Le deuxième, qui y est lié, c’est que, dans la pratique, ce n’est pas parce qu’ils vont perdre leur RMI que de nombreuses personnes ne travaillent pas. Au contraire, ainsi que l’expliquait déjà Hélène Zajdela dans notre immortel ouvrage sur les idées reçues en économie, un nombre non négligeable d’anciens allocataires du RMI travaillent… alors que ces personnes y perdent financièrement.
Non, si des tas de gens ne travaillent pas, c’est parce que, surprise surprise… il n’y a pas de boulot ! Ou alors, même quand il y a des emplois, c’est parce que ces personnes sont malades, parce qu’ells n’ont pas le permis de conduire, ou pas de véhicule, parce qu’il faut qu’elles s’occupent d’un enfant ou d’un parent, etc. Comme le dit Dominique Méda, “la plus grande partie des problèmes qui font obstacle à la reprise d’emploi des bénéficiaires de minima sociaux ne sont pas d’ordre monétaire”.
Le troisième, c’est que tout le monde s’excite parce que Sarkozy “taxe le capital pour donner aux pauvres”. Mais les revenus du capital restent taxés à hauteur de seulement 12%. Cela reste beaucoup moins que le taux auxquel le travail est taxé.
Enfin, ce dispositif revient à ce que la solidarité nationale s’adresse non pas à quelqu’un de malade, de vieux, d’handicapé ou sans emploi, mais à un travailleur. Ce genre de dispositif normalise le fait que les entreprises versent des salaires trop faibles pour pouvoir vivre dignement, et/ou que des tas de très mauvais emplois existent, voire se développent. C’est ce qu’explique très bien Denis Clerc dans cet entretien : avec le RSA, les entreprises sont d’autant plus incitées à proposer des emplois de quelques heures de travail par semaine, emplois que les personnes seront de plus en plus “incitées”, ou contraintes, à accepter. En effet, “dans la nouvelle logique de droits et de devoirs, il y aura davantage de pression sur les candidats pour qu’ils acceptent ces emplois, qui sont paupérisants”. Enfin, comme le souligne Denis Clerc, aucune demande n’est adressée aux entreprises dans ce dispositif.

La mission [les pointillés disparus !]

Le jeu de l’équilibre [jouet en bois en vente ici]

 

C’est un peu comme faire la pute dans un sens ; j‘ai un corps doté d’une certaine capacité de travail que je loue à qui veut bien.

Un petit coup vite fait, c’est de l’intérim ; un peu plus de tendresse, c’est un CDD. Sauf que ce n’est pas moi qui fixe les prix, c’est le marché.

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