Archives de Tag: RSA

Marie à petit prix

Je ne me souviens pas vraiment de la première fois que j’ai croisé la route de Marie, un joli petit brin de femme énergique et enjouée, à la peau constamment tannée, hiver comme été. Je me souviens avoir pensé un truc du genre : « Tiens, il y en a qui ont les moyens d’entretenir leur bronzage en plein hiver ! ». Sauf que Marie ne va jamais au ski. Ni à la plage, d’ailleurs. Non, ce que le corps sec et ferme de Marie raconte, c’est l’âpreté du labeur au grand air. Un beau jour, Marie s’est retrouvée toute seule à élever ses 3 enfants, toute seule, dans mon coin de cambrousse, sans la moindre qualification. Ça arrive souvent. Quand le père se tire ailleurs avec quelqu’un d’autre. J’ai l’impression qu’elle n’a pas eu trop le temps de se lamenter sur son sort, Marie, elle s’est juste retrouvée directement dans le bain avec un seul objectif : surnager !

Et la survie, c’est précisément un sport de combat dans le bled :

* « Qu’est-ce que tu voulais que je fasse, ici ? Il y a l’usine à canards et les vignes. L’usine, j’ai eu du mal à finir la journée, ce n’est vraiment pas pour moi et avec les horaires, pour les gosses, ça ne pouvait pas coller. Alors, j’ai pris les vignes. »

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Les 5 articles les plus lus en mars

Ce n’est pas parce que ce blog est inactif depuis quelques semaines ou quelques mois qu’il n’est plus visité. Il reçoit en moyenne 3 000 visites par mois. Voici les 5 articles les plus lus:

  1. RSA: essayer d’y voir clair
  2. Précarité: une définition
  3. Comment ne pas vivre de sa plume
  4. La mythe de Sisyphe
  5. Les Deschiens et le 36 15 kinenveut

RSA : la naissance d’un régime de précarité assistée

Serge Paugam, directeur d’études à l’EHESS, l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il s’exprime sur Mediapart. Extrait:

Il était certes jusqu’ici possible de travailler et d’être aidé par les services sociaux en raison de la faiblesse du salaire obtenu (de plus en plus de travailleurs pauvres étaient recensés parmi les bénéficiaires de l’aide sociale), mais avec le RSA, on entre dans un régime différent : il sera désormais possible de cumuler de façon régulière et indéterminée un revenu d’assistance et un revenu du travail faiblement rémunéré. Entre le salarié et le bénéficiaire de l’aide sociale, il existera un statut social intermédiaire, celui de travailleur précaire assisté.

RSA : la précarité pérennisée

Mais le financement n’est pas tout : se pose aussi la question de fond des effets pervers que va générer cette mesure. S’il apparaît évidemment souhaitable, au premier abord, que les travailleurs précaires obtiennent grâce au RSA un complément de revenus qui leur permettra d’un peu surnager, cette main d’œuvre à bas prix ne risque-t-elle pas de se trouver pérennisée ? C’est la thèse défendue par Serge Paugam, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

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Besancenot : « Le RSA c’est la précarité absolue »

Invité sur RMC ce matin, Olivier Besancenot, porte parole de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) est revenu sur le Revenu de Solidarité Active mis en place par le gouvernement, et a notamment dénoncé l’injustice de son financement : « Le problème est de savoir si oui ou non, à un moment donné, on taxe le vrai capital. Par exemple sur le RSA, j’ai entendu une partie de la gauche se féliciter de la mesure. On dit « on a taxé le capital », mais en réalité, il y a 10 millions de personnes qui vont être taxées par le biais des assurances vie et compagnie. Mais le vrai capital, par exemple les profits, ne seront absolument pas touchés, dans la mesure du financement du RSA. Je suis en désaccord total avec le RSA.

Jean-Jacques Bourdin : Pourtant ça aide les RMIstes à trouver du boulot… ?

Olivier Besancenot : Quel boulot ? Des quart-temps, des mi-temps… finalement, on propose à la place de la pauvreté, la précarité absolue. L’argument consiste à dire « ceux qui cumulent l’ensemble de leurs allocations, auraient l’équivalent d’un salaire ». Mais quel salaire ? Pas d’un temps plein en tous les cas. Pas au dessus de 700 ou 800 euros.

Jean-Jacques Bourdin : Alors comment incite-t-on les RMIstes à retrouver du boulot ?

Olivier Besancenot : Comment incite-t-on le patronat à embaucher ? Pour moi, la vraie question, elle est là. Et on pourrait peut-être commencer par : comment inciter le patronat à arrêter de licencier ! »

source: RMC

Dossier RSA (AC!)

source

Le RSA, ce n’est pas la justice sociale

extrait du blog L’Economie politique, de Gilles Ravaud:

Il y a quand même deux ou trois trucs qui clochent.
Le premier, c’est la philosophie sous-jacente du bidule, cette idée détestable qu’il faut “inciter” les gens à “travailler plus”. Oh là là c’est sûr, gagner 500 ou même 1000 euros par mois, c’est tellement bien, je vais m’en contenter, il faut vraiment que quelqu’un me pousse aux fesses pour que je daigne travailler plus !
Le deuxième, qui y est lié, c’est que, dans la pratique, ce n’est pas parce qu’ils vont perdre leur RMI que de nombreuses personnes ne travaillent pas. Au contraire, ainsi que l’expliquait déjà Hélène Zajdela dans notre immortel ouvrage sur les idées reçues en économie, un nombre non négligeable d’anciens allocataires du RMI travaillent… alors que ces personnes y perdent financièrement.
Non, si des tas de gens ne travaillent pas, c’est parce que, surprise surprise… il n’y a pas de boulot ! Ou alors, même quand il y a des emplois, c’est parce que ces personnes sont malades, parce qu’ells n’ont pas le permis de conduire, ou pas de véhicule, parce qu’il faut qu’elles s’occupent d’un enfant ou d’un parent, etc. Comme le dit Dominique Méda, “la plus grande partie des problèmes qui font obstacle à la reprise d’emploi des bénéficiaires de minima sociaux ne sont pas d’ordre monétaire”.
Le troisième, c’est que tout le monde s’excite parce que Sarkozy “taxe le capital pour donner aux pauvres”. Mais les revenus du capital restent taxés à hauteur de seulement 12%. Cela reste beaucoup moins que le taux auxquel le travail est taxé.
Enfin, ce dispositif revient à ce que la solidarité nationale s’adresse non pas à quelqu’un de malade, de vieux, d’handicapé ou sans emploi, mais à un travailleur. Ce genre de dispositif normalise le fait que les entreprises versent des salaires trop faibles pour pouvoir vivre dignement, et/ou que des tas de très mauvais emplois existent, voire se développent. C’est ce qu’explique très bien Denis Clerc dans cet entretien : avec le RSA, les entreprises sont d’autant plus incitées à proposer des emplois de quelques heures de travail par semaine, emplois que les personnes seront de plus en plus “incitées”, ou contraintes, à accepter. En effet, “dans la nouvelle logique de droits et de devoirs, il y aura davantage de pression sur les candidats pour qu’ils acceptent ces emplois, qui sont paupérisants”. Enfin, comme le souligne Denis Clerc, aucune demande n’est adressée aux entreprises dans ce dispositif.

RSA: un éditorial scandaleux du Figaro

édiotrialiste au figaro

Yves de Kerdrel, édiotrialiste au figaro

Les associations dénoncent un édito de Yves de Kerdrel qui propose vendredi 29 août de supprimer l’aide médicale de l’Etat pour financer le RSA. (source)

L’édito de Kerdrel.

RSA, trappe à précarité

Clémentine Autain a bien analysé la manipulation que Sarkozy est en train de réussir avec le RSA:

La généralisation du Revenu de solidarité active (RSA), promu par Martin Hirsch, est symptomatique de la tactique sarkozyste : faire mine de casser les clivages et prendre au dépourvu l’opposition.

Généraliser la précarité: une belle idée de gauche, non? Tout le monde applaudit!

La logique du dispositif revient à considérer les petits boulots, l’intérim et les temps partiels comme une fatalité à accompagner socialement et non à combattre. Le RSA risque de conforter ces formes d’emploi et les bas salaires qui vont avec et de fonctionner comme une subvention aux entreprises. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le RSA pourrait se révéler machine à précarité. Quoiqu’on en dise, une autre logique est possible : partage du travail, hausse des bas salaires et des minima sociaux, meilleure sécurisation du contrat de travail, augmentation drastique des moyens alloués aux personnels du secteur social et à la formation professionnelle des moins qualifiés. Les 100 ou 200 euros en sus, évidemment bons à prendre, auraient pu être le fruit d’une revalorisation du RMI, ce d’autant qu’il a diminué en pouvoir d’achat depuis 2002. Mesure phare de lutte contre la pauvreté, qui touche plus de 7 millions de personnes en France survivant avec 448 euros pour les personnes seules sans enfant ou 941 euros pour les couples avec deux enfants, le RSA ne touchera pas le cœur de la pauvreté, laissant sur le bord du chemin les personnes les plus marginalisées face à l’emploi. Les moins de 25 ans resteront exclus des minima sociaux, alors que le taux de pauvreté a doublé chez les jeunes depuis les années 1970, et le minimum vieillesse continuera de plafonner à un niveau préoccupant.

Le 9ème Salon Emmaüs

120 groupes Emmaüs de France et d’Europe se mobilisent pour organiser le 9ème Salon Emmaüs en faveur de la Solidarité Internationale, dimanche 22 juin 2008.  Cette année les bénéfices iront à des actions menées autour de l’accès à trois droits fondamentaux que sont le logement, l’éducation, la santé. Ils financeront notamment la mutuelle Santé en Afrique et la mutuelle éducation en Amérique Latine.

Chiner Solidaire !
Tout en permettant d’acheter « utile » ou « ludique », ce Salon privilégie la rencontre entre les visiteurs et les acteurs du Mouvement Emmaüs. C’est en effet Le grand rendez-vous annuel des compagnons, amis, bénévoles et salariés d’Emmaüs, leur unique et formidable rassemblement qu’ils préparent depuis de nombreux mois. Ils proposeront ainsi le meilleur de leur récupération, cette activité qui fait vivre de leur travail des milliers de personnes en difficultés, accueillies chez Emmaüs.

source: Emmaüs