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Et pourtant je me suis levée tôt, une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires par Elsa Fayner

(chez Kesjendi)

Et_Pourtant_Je_Me_Suis_Levee_Tot Je viens de finir de lire cette “immersion dans le quotidien des travailleurs précaires” qui est le récit de trois expériences d’emplois précaires sur une période totale de trois mois.

Bien documentée, cette alternance de récit et d’analyse est abreuvée par de nombreuses données chiffrées, pour un tour d’horizon forcément incomplet des visages de la précarité salariée. Et oui, le principe de l’immersion était par lui-même limitatif, mais ce n’est pas gênant.

Le tout nous emmène doucement vers la conclusion qui à elle seule résume ce que nous sentons tous : la précarité gagne du terrain, la précarité broie les individus. La précarité sert de prétexte à précariser encore plus.

Je conseille bien évidemment la lecture de cet ouvrage, et plutôt que m’épuiser en mots, je me permets d’en reproduire en partie la conclusion :

le travail dit “non qualifié” nécessite lui aussi des compétences en termes d’organisation, de sociabilité, de rapidité d’exécution, de gestion des contraintes et d’adaptation qui ne s’acquièrent pas immédiatement. Mais, en ces temps de chômage de masse, pas question de reconnaître ces qualifications, de les rémunérer, encore moins de les valider et risquer de fournir des possibilités d’ascension dans le métier. En ces temps de chômage de masse, mieux vaut agiter l’épouvantail de la précarité pour tous, renvoyer à la responsabilité personnelle, placer chacun en période d’essai permanente, pour mieux harmoniser par le bas. En présentant comme autant de fatalités l’instabilité de l’emploi, le déclin de la France et la nécessité de se retrousser les manches, il ne reste plus qu’à proposer généreusement quelques contreparties, de maigres garde-fous. Travailler plus… Rester tard le soir, se lever tôt… Tels restent les refrains.

Et pourtant, je me suis levée tôt… : Une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires de Elsa Fayner – Editions du Panama – 172 pages – Prix public : 15 €